Lycée Turgot

Le lycée est construit en partie sur l’emplacement du couvent des Madelonnettes, établissement charitable créé en 1618, à l’initiative de Robert de Montry, pour recueillir les femmes de mauvaise vie repenties. Fermé et devenu bien national en 1790, le couvent est transformé en prison. Le lycée polyvalent possède des classes préparatoires en filière D1, D2, Physique-Chimie et ECT (économie commerciale).

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Création de l’école

Trois ans après la loi Guizot de 1833 et de la création de l’enseignement primaire supérieur, la première école primaire supérieure de la ville de Paris, ultérieurement appelée lycée Turgot, est créée. Il s’agit d’un intermédiaire entre l’école primaire et le lycée. Les bâtiments avaient alors leur entrée sur la rue du Vertbois (la rue de Turbigo ne sera ouverte qu’en 1858). En 1838, le pédagogue Pierre-Philibert Pompée en est officiellement nommé directeur. Le choix de l’implantation du lycée s’est fait selon deux critères : d’une part, il fallait que le lycée soit situé à proximité des potentiels élèves (petite bourgeoisie industrielle et commerçante). D’autre part, il fallait un emplacement vaste et aéré. L’école a ouvert ses portes le 14 octobre 1839 à 76 jeunes gens qui s’étaient fait inscrire.

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Le lycée

turgot 05L’enseignement dispensé était un enseignement dit « moderne », c’est-à-dire sans latin. On y enseignait le français, l’histoire et la géographie, les mathématiques, l’histoire naturelle, le chant, la gymnastique, la physique et la mécanique, le dessin… Les effectifs grossirent rapidement : 150 élèves en 1841-1842, 210 élèves en 1844-1845, 308 élèves en 1847-1848. En 1847, l’école est renommée « école municipale Colbert ». A la suite de la révolution de 1848, l’école est renommée « école municipale Turgot ». Des travaux d’agrandissement commencent en 1856. Cependant, neuf ans plus tard, un incendie a lieu dans l’enceinte du lycée. En 1867, des travaux importants ont été entrepris dans le but d’agrandir l’établissement. Le chantier est confié à l’architecte E. Chat, qui va réaliser un établissement modèle, une construction fonctionnelle avec des amphithéâtres spacieux, des laboratoires, de larges cours. Interrompus par les événements de 1870, les travaux reprendront en 1872 et seront terminés en 1874. Suite à ces aménagements, l’école voit ses effectifs augmenter : 500 en 1857 et 708 en 1895. Aujourd’hui, l’établissement compte seulement 245 élèves.

L’architecture

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Construction de pierre largement percée de baies vitrées, le lycée offre sur la rue de Turbigo une interminable façade austère et sans grâce. Les éléments décoratifs sont empruntés aux siècles précédents, sans aucun souci d’innovation : pilastres, frontons, corniches, refends. Elevé primitivement de deux étages et d’un attique, le pavillon central était surmonté d’un campanile, supprimé lorsque l’ensemble du bâtiment a été rehaussé de deux étages.

Ouverte en plein cintre, la porte centrale est dominée par un buste d’Athéna entouré de feuilles de chêne et d’acanthe. Le portail ouvrant sur la rue du Vertbois est une laborieuse imitation de la Renaissance : cintré, encadré de pilastres cannelés, il est surmonté d’une frise à triglyphes dominée par un fronton triangulaire au centre duquel sont sculptés les armes de la ville.

L’irrégularité de la parcelle a imposé à l’architecte un plan très complexe où sont imbriqués corps de bâtiments et cours. L’établissement a été entièrement rénové en 2015 par les architectes Fendler Seemuler et Drescher Kraemer. La façade rue de Turbigo est en cours de rénovation…

 

 

L’ange de Turbigo

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Contre la façade de cet immeuble construit sous le Second Empire est sculpté un grand ange, sorte de cariatide qui s’étire du premier au troisième étage, et dont les ailes déployées semblent soutenir le balcon de l’étage supérieur.

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Elle tient dans sa main gauche un brin de myrrhe et dans la droite, une petite bourse en forme de sac. Ses proportions hors norme, elle les doit à son créateur, Auguste Delange, qui la présenta en 1851 à un concours des Beaux-Arts.

 

Dès 1867, l’immeuble était désigné sous le nom de « maison du génie de la rue de Turbigo ». Il semblerait qu’il s’agisse de l’enseigne d’une fabrique de passementerie.

Maison de la rue Volta

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On a longtemps pensé que la maison était la plus vieille maison de Paris et qu’elle datait de 1300. En 1979, il a été établi que cette bâtisse se trouvait sur le terrain occupé par le jardin d’une maison voisine aujourd’hui disparue, et qu’il était encore vierge de toute construction en 1644 ; la maison ayant probablement été bâtie entre 1644 et 1654.

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Elle reste néanmoins d’un grand intérêt, témoin de ce procédé de construction en charpente, à pans de bois apparents et torchis, qui restera en usage jusqu’à la fin du XVIIe siècle, malgré les interdictions répétées des autorités royales et municipales, soucieuses d’éviter la propagation des incendies.

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La maison dresse quatre étages de pans de bois sur rez-de-chaussée de pierre qui a gardé ses lourds piliers et ses deux boutiques à margelles, autrefois munies de volets de bois pivotants, utilisés alternativement, selon leur position, comme fermeture ou comme étals pour la marchandise.

L’étroite porte d’entrée, sur laquelle se trouve encore une ferrure d’époque, donne accès à un couloir sombre, où débouche un escalier étroit, fort raide, à rampe de bois massif, chichement éclairé par une minuscule courette. Les pièces des étages sont basses et sombres. Les planchers sont inégaux et, aux plafonds poutres et solives sont apparentes : c’est du chêne, noirci par les ans, mais qui semble avoir admirablement résisté aux injures du temps. L’étage dans le comble a été aménagé à la fin du XVIIIe siècle, peu avant la Révolution. La maison présente la particularité rarissime (même à cette époque) de ne pas comporter de caves.

Synagogue Nazareth

Le Consistoire central israélite de France nomme d’habitude les synagogues par le nom de la rue où elle se situe. Par exemple : la synagogue de la Victoire, 44 rue de la Victoire dans le 9e arrondissement ; ou la synagogue Buffault, 28 rue Buffault dans le 9e arrondissement. Exceptionnellement, en raison du caractère chrétien du nom de la rue, cette synagogue n’est pas dénommée synagogue Notre-Dame-de-Nazareth, mais plus simplement synagogue Nazareth. Le bâtiment fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis 1986.

Premier édifice

En 1810, les Juifs parisiens de rite allemand (Ashkénaze) possédaient deux synagogues, l’une située rue Sainte-Avoye (actuelle rue du Temple) et une autre rue du Chaume (actuelle rue des Archives). Expulsée de la rue Sainte-Avoye par son propriétaire en 1818, la communauté fait l’acquisition en 1819 d’un terrain situé entre le 14 rue Neuve-Saint-Laurent (actuelle rue du Vertbois) et le 15 rue Notre-Dame-de-Nazareth. Après autorisation obtenue du roi Louis XVIII par ordonnance du 29 juin 1819, le Consistoire israélite de Paris, fait construire une synagogue selon les plans de l’architecte Sandrie de Jouy. Elle sera inaugurée en 1822. Elle peut accueillir plusieurs centaines de fidèles et possède des galeries pour les femmes. La synagogue de la rue du Chaume quant à elle, a été fermée l’année précédente. Très rapidement des anomalies sont constatées dans la construction, et en 1848, le bâtiment menace de s’écrouler. La police le ferme en 1850.

Deuxième édifice

Détruite, une nouvelle synagogue est reconstruite sur place d’après les plans de l’architecte Alexandre Thierry, grâce aux dons du baron James de Rothschild. La nouvelle synagogue est inaugurée le 1er avril 1852. Le compositeur Jacques Offenbach, à son arrivée à Paris, a été chargé, avec son frère, « de la formation et de la direction du chœur « durant six mois à partir du 1er décembre 1833. Le rite est alsacien et elle sera la résidence des Grands-Rabbins de France et de Paris jusqu’à la construction de la Grande-synagogue (rue de la Victoire) en 1875. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la synagogue sera victime d’un attentat en octobre 1941 par des collaborateurs français, qui ne causera que quelques dégâts matériels. Le Grand-Rabbin de la synagogue, Joseph Saks et son épouse seront arrêtés et périront en déportation. En raison de l’afflux de Juifs originaires d’Afrique du Nord qui se sont installés dans le quartier, la synagogue est dédiée au rite séfarade.

Architecture

L’architecte a dû faire face à plusieurs contraintes lors de la conception des plans de l’édifice : exiguïté de la parcelle, nécessitée d’y place une assistance nombreuse, définir un style architectural (style qui servira de modèle aux futurs lieux de culte israélite). Souvent qualifié de romano-byzantin, le style de cette synagogue présente, en effet, un aspect roman fortement teinté d’orientalisme.

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La façade sur rue n’est en fait qu’un mur fermant la cour qui précède l’édifice proprement dit. La façade de la hauteur d’un étage comprend une travée centrale avec une grande porte, surmontée d’un fronton plat crénelé, et deux travées latérales avec une porte plus étroite, mais sans fronton. Sur le pourtour extérieur de cette porte est gravée la devise de la République française : « Liberté, Egalité, Fraternité ».

Derrière, on aperçoit le pignon de la salle de prière, avec une horloge où les chiffres ont été remplacés par les signes du zodiaque. Les aiguilles de l’horloge ont été arrachées lors de la tempête de 1999, et doivent normalement être bientôt réinstallées. Une rosace avec une étoile de David en son centre orne la façade, en dessous de l’horloge.

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En entrant dans la synagogue, on trouve fixées au mur de la salle située à gauche du péristyle, deux plaques de pierre noire avec inscription en lettres d’or, l’une avec le texte de l’ordonnance royale et préfectorale autorisant la construction de la première synagogue de 1822 et sur la seconde, la liste des membres du Consistoire de Paris de l’époque. Le nom de tous les membres de la communauté massacrés par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale est indiqué sur des plaques fixées dans le péristyle.

Les deux escaliers qui mènent aux tribunes ont été construits hors-d’œuvre et forment deux tourelles hexagonales de chaque côté de l’entrée.

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La nef est divisée de chaque côté par six arcades qui forment les bas-côtés ; les douze fenêtres symbolisent les douze tribus d’Israël. Avec ses deux rangées de tribunes superposées, la synagogue peut recevoir 1 200 fidèles.

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Celles-ci ne sont utilisées que pendant les grandes fêtes. Pendant la semaine où le nombre de fidèles se situe entre 30 et 50, ou les chabbat où le nombre de fidèles avoisinent 150 personnes, les hommes et les femmes se répartissent à gauche et à droite au rez-de-chaussée. Les arcs retombent sur des colonnes de fonte, matériau qui réduit leur encombrement.

Au fond de la nef, le sanctuaire est voûté en cul-de-four. On accède à la téba – autel sur lequel se fait la lecture des textes sacrés – par quatre marches, et au tabernacle par six autres marches de marbre blanc. Des symboles et caractères hébraïques peints constituent l’essentiel de la décoration avec les lustres et les candélabres. Le bâtiment, les peintures intérieures et les vitraux ont été rénovés à l’identique en 2000.

Passage du Pont-aux-Biches

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Le passage commence au n°38 de la rue Notre-Dame-de-Nazareth et finit rue Meslay. L’accès via la rue Notre-Dame correspond à une voie classique, tandis que celui de la rue Meslay est situé sous un immeuble. Le passage tire son origine de l’impasse du Pont-aux-Biches, qui correspond à l’actuelle portion du passage située au niveau de la rue Notre-Dame-de-Nazareth. Ce pont n’était en fait qu’une passerelle qui permettait de franchir un égout. Le passage est ouvert le 20 octobre 1881 après la construction d’un escalier le reliant à la rue Meslay.

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Récemment restauré, l’immeuble présente une élégante façade délimitée par des refends, élevée d’un rez-de-chaussée, d’un entresol et de trois étages. Des bandeaux de pierre séparent les étages. Le rez-de-chaussée contient cinq grandes arcades dans les impostes de trois desquelles sont aménagés les entresols. La partie gauche de cette façade est ouverte et abrite les escaliers du passage du Pont-aux-Biches. Les ouvertures des trois impostes et les dix fenêtres réparties sur les deux étages de la façade sont ornées de beaux appuis de fer forgé tandis que la décoration sculptée – limitée aux clefs des ouvertures – comprend des têtes de femme au rez-de-chaussée, des motifs floraux au premier et de simples agrafes au 2e étage.

Place de la République

La place s’étend sur 3,4 ha et se situe à la limite de trois arrondissements (3, 10 et 11).

Première place

Dans les années 1670-1680 ; l’enceinte de Charles V, bâtie au XIVe siècle, est rasée et un cours est aménagé à son emplacement. Une petite place triangulaire est conçue à l’emplacement du bastion de la porte du Temple. La place était située légèrement plus à l’ouest que la place actuelle. Elle était située au-dessus de la rue des Fossés-Saint-Martin (actuelle rue René-Boulanger) ; cette rue marque ainsi la limite nord-ouest de l’ancienne place. Ce n’est à l’origine qu’une partie du boulevard Saint-Martin, mais elle prend en 1879 le nom de « place du Château-d’Eau » en référence à une fontaine dite du Château-d’Eau, dessinée par Girard et installée sur la place en 1811.

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Deuxième place

La place prend sa physionomie actuelle dans le cadre des transformations de Paris sous le second Empire. En 1855 est déclarée d’utilité publique la construction d’une caserne en arrière du château d’eau. La caserne du Prince-Eugène, plus tard nommée « caserne du Château-d’Eau », puis « caserne Vérines », est érigée par A. Legrom à l’emplacement de l’ancien Vauxhall d’été et du diorama de Louis Daguerre où Jacques Daguerre, l’un des inventeurs de la photographie, donnait des représentations de quinze minutes. Prévue à l’origine pour 3 200 hommes, la caserne est alors l’équipement le plus vase de la ville avec une superficie équivalente à celle de l’hôtel de Ville. Elle est construite pour rassembler des troupes alors éparpillées dans la capitale mais aussi à pouvoir, si nécessaire, rapidement encercler le faubourg Saint-Antoine. En 1856, un décret prévoit le réaménagement des abords de la caserne. Par la suite, plusieurs boulevards sont projetés : percement du boulevard du Prince-Eugène (actuel boulevard Voltaire) et de l’amorce de l’actuelle avenue de la République, déclarés d’utilité publique en 1857, et prolongement du boulevard du Nord (actuel boulevard de Magenta) entre la rue du Faubourg-Saint-Martin et le château d’eau, déclaré d’utilité publique en 1859.

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Les travaux haussmanniens

Le dégagement de la place est déclaré d’utilité publique en 1865. L’administration du baron Haussmann aménage une grande place rectangulaire de 280 m x 120 m. Une grande partie des théâtres du boulevard du Temple sont alors rasés. Un emplacement pour la construction d’un orphéon municipal est alors réservé, mais il ne verra jamais le jour. En 1866, Gabriel Davioud, architecte de la ville, construit sur tout le côté nord de la place les Magasins réunis. Il dresse aussi en 1867 une seconde fontaine, de 25 mètres de diamètre et ornée de huit lions de bronze ; celle de Girard ayant été jugée insuffisante est remontée dans la cour d’entrée du marché-abattoir de La Villette (actuelle place de la Fontaine-aux-Lions) pour servir d’abreuvoir pour le bétail. La place prend son nom actuel en 1879.

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Monument de la République

La même année, la ville de Paris lance un concours pour la glorification de « la » République sans numéro, une et indivisible. Le monument élu se dressera place du Château-d’Eau ; elle a battu sur le fil celles des Tuileries, de la Concorde et de l’Hôtel de Ville. Une maquette l’emporte sur les autres, celle des frères Morice : Léopold pour la statuaire et Charles pour le soubassement. L’intégralité des fontes en bronze sont réalisés par la fonderie d’art Thiébaut et Fils. Deux cérémonies d’inauguration ont lieu, le 14 juillet 1880 avec le modèle en plâtre et le 14 juillet 1883 avec la version définitive en bronze. La fontaine de Davioud est chassée et exilée en 1880, place Daumesnil (actuelle place Félix-Eboué), dans le 12e arrondissement.

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Mais sans ses lions qui lui sont confisquées pour orner le nouveau piédestal. Juchée sur un socle de pierre de 15,5 mètres de haut, la statue colossale en bronze de Marianne mesure elle-même 9,50 mètres de haut.

Elle est représentée debout, vêtue d’une toge et ceinte d’un baudrier sur lequel est fixée une épée. Elle est coiffée à la fois du bonnet phrygien, symbole de liberté, et d’une couronne de laurier. Dans sa main droite, la statue brandit un rameau d’olivier, symbole de paix. Sa main gauche repose sur une tablette portant l’inscription « Droits de l’Homme ». Le piédestal est constitué de deux parties cylindriques distinctes : une partie inférieure, d’environ 4 mètres de haut et plus large, et une partie supérieure, plus étroite mais plus haute. Cette colonne, qui sert directement de piédestal à la République, est ornée sous les pieds de celle-ci, successivement, d’une guirlande de bronze qui en fait le tour, des armoiries de Paris et de l’inscription « A la gloire de la République Française – la ville de Paris – 1883 ».

Plus bas, tout aussi chargées en symboles, trois grandes allégories, en forme de jeunes femmes sont adossées au piédestal. Non plus en bronze mais en pierre, non plus debout mais assises, elles représentent la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité. La première, combative, est reconnaissable au flambeau qu’elle tient de la main gauche (à l’inverse de sa célèbre sœur signée Bartholdi). Sa main droite est posée sur son genou, tenant une chaîne brisée. En arrière-plan, un chêne est sculpté en relief dans la colonne. La deuxième, déterminée, tient sur son genou un archi-pendule (niveau pour vérifier l’horizontalité), symbole d’égalité. Elle tient dans sa main droite, le drapeau de la République, dont la hampe est marquée des initiales « RF ». La troisième, sereine, couve deux enfants lisant un livre, d’un œil bienveillant, symbole de fraternité. Les enfants symbolisent la Connaissance. Une gerbe de blé et un bouquet évoquent l’abondance.

Deux médaillons marqués « Labor » (le travail) et « Pax » (la paix), ornés de faisceaux de licteur, se trouvent respectivement entre la Liberté et la Fraternité, et entre la Fraternité et l’Egalité.

Plus bas encore, à hauteur de regard, Morice a réalisé douze reliefs en bronze qui font tout le tour du socle. Chacun évoque un événement clé de l’histoire de la République : le Serment du Jeu de Paume (20 juin 1789), la Prise de la Bastille (14 juillet 1789), la Nuit du 4 août 1789, la Fête de la Fédération (14 juillet 1790), la Proclamation de la Patrie en danger (11 juillet 1792), la Bataille de Valmy (20 septembre 1792), la Proclamation de l’abolition de la royauté (21 septembre 1792), la Bataille du 13 prairial an II (1er juin 1794), les Trois Glorieuses (29 juillet 1830), l’Institution du suffrage universel (5 mars 1848), la Proclamation de la République (4 septembre 1870) et la première Fête nationale (14 juillet 1880). La place prend alors la configuration qu’elle aura jusque dans les années 2010 avec deux terre-pleins centraux.

Les aménagements de 2010

Une longue concertation s’est déroulée, à partir de décembre 2008, pour le réaménagement de la place de la République. Le lauréat du concours organisé par la ville de Paris a été désigné le 21 janvier 2010 : l’équipe Trévélo & Viger-kohler (TVK) a proposé, conformément à des suggestions faites au cours de la concertation, de reporter l’ensemble de la circulation, dans les deux sens, sur le seul côté ouest de la place et de créer un grand espace piétonnier au centre de celle-ci, englobant la statue et s’étendant aux bâtiments du côté est. Les 225 premiers mètres de la rue sont, comme cette place, piétonnisés jusqu’au croisement du quai de Valmy et du boulevard Jules-Ferry. Cette proposition a donné lieu de de vives controverses et à des prises de positions opposées, les unes pour s’en féliciter, les autres pour craindre les effets sur la circulation parisienne, ou la destruction d’éléments patrimoniaux historiques comme les fontaines des Dauphins (dont les bronzes ont cependant été mis de côté et devraient être déplacés en bas de l’avenue des Champs-Elysées, non loin de la statue de Georges Clémenceau, et l’adjonction d’un bassin moderne ceignant la base du monument. Après des travaux préparatoires qui ont débuté en juillet 2011, les travaux d’aménagement de la place ont débuté en janvier 2012 et l’inauguration a eu lieu le 16 juin 2013. En février 2013, la mairie annonce que l’espace sera loué 55 000 € annuels à quelques commerces, notamment un restaurant. Une vaste structure en verre abrite un café (détruit depuis par un incendie) côté nord sur ce qui était un jardin avec plan d’eau. Le 1er juillet 2013 sont inaugurés la terrasse Emilienne-Moreau-Evrard, l’esplanade André-Tollet et la terrasse du Commandant-Jacques-Blasquez, en hommage à leurs actes de résistance durant la Seconde Guerre mondiale. Le 3 octobre 2016, sont installés des modules dédiés à la pratique du skateboard qui s’intègrent à la place, pour une durée indéterminée. Ce projet est initié par la marque Volcom.

Place des manifestations

La place de la République est un des lieux de passage obligé de nombreux grands cortèges du Carnaval de Paris au XIXe siècle. En mars 1895, on pouvait lire dans le compte-rendu du défilé de la mi-carême paru dans le Journal des débats : « Vers trois heures, la cavalcade s’avançait lentement, bombardée de confettis ; elle ne ripostait plus, les munitions étant épuisées. Place de la République, elle s’arrête. Elle n’aurait, d’ailleurs, pu aller plus loin avant que les gardes républicains eussent, avec des précautions infinies (on admire toujours la patience des hommes et celle des chevaux) fait reculer de quelques mètres la masse énorme des curieux. Sur aucun point l’affluence ne fut plus considérable. La statue gigantesque de la République, devant laquelle les musiques jouaient La Marseillaise, a été prise d’assaut par des curieux. Ces impudents se sont juchés non seulement sur le piédestal, mais sur les bras, sur la tête de la République. Ils sont là comme des grappes vivantes qu’une poussée peut détacher. Sur les balcons, sur les toits, la houle humaine se déploie. Les terrasses des cafés offrent un curieux spectacle : les tables aussi bien que les chaises servent d’observatoires aux consommateurs, dont la plupart ne consomment pas. Des bousculades se produisent ; on entend des bruits de verres cassés, de chaises défoncées… Au demeurant, pas d’accident sérieux. Aux fenêtres de la caserne du Château-d’Eau les soldats se disputent pour voir ». A partir de 1926 et au moins jusqu’en 1937, la caserne de la garde est le lieu de départ chaque année, de la course de marche à pied de Paris à Strasbourg, qui réunissait parmi les meilleurs marcheurs de fond de l’époque.

Le Paris-Strasbourg à la marche (1926-1937) est une épreuve de marche de fond de plus de 500 km, qui s’effectuait à l’allure de marche rapide sportive ou de marche athlétique. Le départ de la course avait généralement lieu place de la République à Paris à la caserne de la garde républicaine, et l’arrivée sur la place Kléber de Strasbourg. L’épreuve a été créée en 1926 à l’initiative d’Emile Anthoine, champion athlétique et dirigeant sportif. Cette compétition extrême, unique au monde, consistait à parcourir plus de 500 km en continu, de jour et de nuit, sans repos ni étapes obligatoires. Les abandons furent nombreux. En 1926, malgré huit jours accordés alors, seule une partie des marcheurs arriveront à Strasbourg. Les premiers vainqueurs l’effectueront en un peu plus de trois jours. Cette compétition était alors sur la distance, dans les années 1920, en tant que course extrême, la première grande course pédestre de grand fond dûment contrôlée. Après une interruption de onze ans, l’épreuve dû faire face à l’hégémonie de l’automobile sur les routes et aux difficultés de régulation de la circulation. Elle perdit progressivement de son aura. Elle se transforma avec notamment l’instauration d’étapes de repos obligatoires, et eu lieu de Strasbourg à Paris, puis transitoirement à nouveau vers Strasbourg. L’épreuve Paris-Colmar à la marche lui succédera en 1981.

Sous l’Occupation, les Allemands ont utilisé la caserne pour loger leurs propres troupes. Lors des combats de la Libération de Paris, elle est au soir du 25 août 1944, le dernier bastion allemand qui, à 19h25, se rend aux résistants et aux soldats de la 2e DB qui en font le siège depuis le début de l’après-midi. Parfois, en raison de son nom et de la symbolique qui lui est liée, mais surtout à cause de son accessibilité et de sa localisation au carrefour de grandes avenues, c’est un des lieux habituels des manifestations parisiennes, le plus souvent à l’initiative des organisations politiques de gauche ou des organismes syndicales. Mais la place de la République a aussi été le cadre choisi en 1958 par le général De Gaulle pour une manifestation, le 4 septembre, en faveur du « Oui » au référendum instituant la Constitution de la Cinquième République ou, le 11 janvier 2015, pour le départ de la marche républicaine destinée à rendre hommage aux victimes décédées dans les attentats et prises d’otages des jours précédents et à s’opposer au terrorisme. La place de la République redevient un lieu de recueillement, à la suite des attentats du 13 novembre 2015. Le 6 janvier 2016, un chêne chevelu est planté à l’angle du boulevard Magenta en mémoire des victimes des attentats terroristes de 2015. A partir du 31 mars 2016, suite aux manifestations de ce jour en opposition à la loi El Khomri, la place de la République devient le lieu de rendez-vous de manifestations quotidiennes régulières baptisées Nuit debout.

Square Emile-Chautemps

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Situé dans le quadrilatère formé par le boulevard de Sébastopol et les rues Salomon-de-Caus, Saint-Martin et Papin, le square a été réalisé en 1860 par Davioud à la demande du préfet Haussmann après l’achèvement du boulevard de Sébastopol. Situé près du théâtre de la Gaité-Lyrique et du conservatoire des Arts et Métiers, il est d’abord baptisé « square des Arts et Métiers », avant d’être renommé « square Emile-Chautemps » (1850-1918) en l’honneur du docteur en médecine, devenu député, sénateur puis ministre. Le square s’étend sur 4 069 m² et présente une structure à la française.

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Une balustrade en pierre de Saint-Ylie entoure le square, qui dévoile des allées régulières ponctuées de marronniers d’Inde en quinconce et d’un tilleul de Crimée esseulé (près de l’entrée, côté boulevard).

Au centre, on plaça une colonne en granit du Jura, commandée en 1865, commémorant les victoires de la campagne de Crimée en 1854-1855 (Inkerman, Sébastopol, Alma et Tchernaïa). Les noms sont gravés sur le socle. Le chapiteau corinthien porte les armes de la ville. Une Victoire sculptée par Crauk en occupait autrefois le sommet ; Celle-ci fut détruite par les Allemands pendant l’Occupation afin de récupérer le bronze (soi-disant).

Cette colonne est accompagnée de deux bassins. Des statues en bronze assises se tournent le dos. Il s’agit d’un côté d’un groupe de Charles Guméry, face au CNAM, représentant l’Agriculture et l’Industrie, et d’un groupe d’Auguste Ottin, tourné vers le boulevard, illustrant le Commerce et la Musique.

L’Agriculture porte une couronne d’épis et de fleurs, et tient une gerbe dans sa main droite. Le Travail est représenté par un homme vigoureux tenant un marteau et portant une enclume sur laquelle s’appuie une roue dentée. Mercure, dieu du commerce, tient une balance posée sur une ancre marine et une corne d’abondance. La Musique est une jeune femme couronnée de lauriers tenant une lyre dans sa main gauche, un flambeau dans la droite. Des mascarons à tête de lion distribuent l’eau dans les vasques.

Un peu plus loin, se trouve un buste en bronze représentant Marc Séguin, réalisé par Costa Spourdos en 1987. Séguin (1786-1875) participa aux débuts des chemins de fer en France en inventant la chaudière tubulaire et en perfectionnant les ponts suspendus. A Paris, il construisit la passerelle de la Grève en 1828, pont suspendu, qui fut ensuite remplacé par le pont d’Arcole en 1854.

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Quant au buste en bronze d’Emile Chautemps, il ne subsiste que le piédestal. Réalisée par le sculpteur Paul Landowski en 1938, la statue ne sera inaugurée que le 25 février 1939. Exposition de courte durée, car les Allemands feront fondre le buste en 1942.

Le square des Arts et Métiers étaient l’un des lieux de rassemblement préférés des Surréalistes :  André Breton, Paul Eluard, Théodore Fränkel…