square du Temple – Elie Wiesel

Le square est un quadrilatère formé par les rues de Bretagne, Eugène-Spuller, Perrée et du Temple. Il a été aménagé en 1855 à l’emplacement d’une partie du donjon du Temple, de l’hôtel et des jardins du Grand Prieur. La loi de 1854 qui ordonnait la création du square prévoyait la construction d’un monument à la mémoire de Louis XVI et en commémoration de la captivité de la famille royale au Temple. Il ne fut pas exécuté, mais Mme Royale, venue en pèlerinage, planta un saule pleureur, en souvenir du douloureux épisode qu’elle avait vécu là. Le square ouvre au public le mercredi 11 novembre 1857. Sa superficie totale est de 7 700 m². C’est un des 24 squares aménagés lors des travaux d’Haussmann par Jean-Charles-Adolphe Alphand (1817-1891), directeur général des promenades, parcs et jardins de Paris sous le second Empire.

Le 3 septembre 1876, le corps d’un nouveau-né, de sexe féminin, enveloppé d’un linge blanc, fut découvert dans le square.

Mobilier

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Le square, avec sa pièce d’eau entourée de rocailles, ses bosquets d’arbres d’essences variées, ses pelouses égayées de parterres fleuris, offre l’aspect d’un parc à l’anglaise en miniature.

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Le jardin comprend un kiosque à musique, datant de 1900, une aire de jeux pour les enfants, des pelouses, des fontaines et une pièce d’eau avec une cascade artificielle sur des rochers de la forêt de Fontainebleau. La grille qui entoure le square a été dessinée par l’architecte Gabriel Davioud. Des travaux de rénovation exécutés en 1988, en arrachant la plus grande partie des buissons et arbustes qui bordaient les grilles, ont supprimé un écran de verdure appréciable et ont ôté au square une bonne part de son charme.

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Botanique

Le square compte 71 arbres et 191 variétés de plantes, dont de nombreuses espèces exotiques, comme un noisetier de Byzance, un ginkgo biloba, un sophora du Japon, un février d’Amérique, un ptérocarver du Caucase, un savonnier, un cognassier de Chine, et un Cedrela d’Amérique.

Œuvres d’art

On y trouve deux statues. L’une représente le chansonnier et poète Béranger. C’est la seconde à son effigie : une première statue en bronze, due à Amédée Doublemard, fut érigée grâce à une souscription publique ouvert en 1879 par le journal « La Chanson » et détruite en 1941. Elle a été remplacée en 1953 par la statue actuelle, en pierre, de Henri Lagriffoul. Une autre statue est composée d’un buste sur un socle où est inscrit « à B. Wilhelm fondateur 1781-1842 l’Orphéon français », au-dessus d’un portrait en médaillon et du texte « à Eugène Delaporte propagateur 1818-1886 ».

Lieu de mémoire

Le 26 octobre 2007, une stèle a été inaugurée sur la pelouse principale du square du Temple. Elle porte les prénoms, noms et âges des 85 « tout-petits qui n’ont pas eu le temps de fréquenter une école », enfants juifs de 2 mois à 6 ans habitant dans le 3e arrondissement et déportés entre 1942 et 1944 puis assassinés à Auschwitz. Cette stèle a été dévoilée en présence de plusieurs centaines de personnes, des élus de l’arrondissement et de la ville, et des représentants d’associations, dont les Fils et files de déportés juifs de France. Cette cérémonie a marqué la fin d’un travail entrepris depuis 2000 par l’association « Histoire et mémoire du 3e », qui a recensé pour toutes les écoles de l’arrondissement le nom des enfants déportés – 559 sur les 11 400 enfants juifs déportés de France – pour lesquels des plaques ont été apposées sur chaque école. Ces listes ont été réalisées en étudiant les registres des écoles et lycées, les fiches d’état civil de la mairie et le mémorial de la déportation des Juifs de France de Serge Klarsfeld. En 2016, le maire du 3e arrdt, Pierre Aidenbaum, propose de changer son nom en « square Elie-Wiesel », afin de rendre hommage à Eliezer Wiesel, un écrivain, philosophe et professeur d’université américain (1928-2016). Une polémique s’ensuit et, le 29 juin 2017, est inauguré le nom « square du Temple – Elie-Wiesel ».

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Restaurant « Chez Jenny »

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Sur l’ancien rempart devenu, par la volonté de Louis XIV, une promenade plantée d’arbres pour le plaisir des Parisiens, on vit éclore dès le XVIIIe siècle nombre de guinguettes et bals champêtres. On peut imaginer que Chez Jenny trouve son origine dans un de ces anciens établissements, car c’est une authentique construction du XVIIIe siècle avec sa porte charretière en pierre de taille, les fenêtres de l’étage légèrement cintrées dont les rebords sont de belle pierre moulurée. Restaurant russe en 1906, bal Victor de 1918 à 1913, l’histoire de la brasserie débute après 1930 lorsque Robert Jenny, Alsacien venu vendre bière et choucroute à l’Exposition coloniale, décide d’établir à Paris un restaurant typiquement régional. Après lui, Jean-Baptiste Fleck, président des hôteliers alsaciens, reprend et agrandit la maison. En 1939, Charles Bayer, œnologue réputé, donne une impulsion nouvelle à l’établissement qui restera dirigé par la famille jusqu’en 1980.

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Dès 1930, Robert Jenny s’était adressé au marqueteur Charles Spindler (1865-1939) déjà célèbre pour sa décoration du Queen Mary. La grande salle du restaurant comporte une série de tableaux de grande taille, en marqueterie de bois d’une finesse stupéfiante, dans une palette de coloris incroyablement nuancés, allant du presque blanc au noir, déclinant tous les tons de beige, de roux et de brun qui donnent une ambiance extrêmement chaleureuse.

Des centaines d’essences d’arbres sont nécessaires pour obtenir une telle variété de teintes et de textures, répondant aux exigences de l’artiste. Entre 1935 et 1937 fut exécuté au premier étage le beau salon Spindler sur les murs duquel la marqueterie est appliquée sans interruption, comme une fresque.

Les sujets s’inspirent essentiellement des scènes traditionnelles alsaciennes. A la même époque fut sculptée la grande statue de bois au bas de l’escalier : une Alsacienne en costume offrant les produits de son terroir. Paul-Louis Spindler (1906-1980) est alors le collaborateur de son père et poursuivra l’œuvre de ce dernier après sa mort. Actuellement son fils Jean-Charles perpétue la tradition familiale.

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Entre 1956 et 1958, la décoration est complétée par Jean-Jacques et Albert Erny, sculpteurs sur bois, issu eux aussi d’une longue tradition alsacienne. Ils ont composé de grands panneaux de boiserie figuratifs : la salle des Métiers au rez-de-chaussée ; au premier étage, la salle des Quatre-Saisons, la salle des Provinces, la salle de Colmar. En 1980, la nouvelle direction a entrepris des rénovations d’un goût douteux (monstrueuses lanternes « de style », division de la salle du bas en compartiments, façon pub anglais), mais l’essentiel demeure et ce cadre est unique en son genre à Paris.

Eglise Sainte-Elisabeth-de-Hongrie

Edifice religieux datant des XVIIe et XIXe siècles. Tout d’abord chapelle du monastère des religieuses du Tiers-Ordre de saint François (de 1646 à 1792), puis église paroissiale catholique (depuis 1802) du quartier du Temple et église conventuelle de l’ordre souverain de Malte à Paris (depuis 1938).

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Monastère du Tiers-Ordre

C’est l’ancienne église conventuelle des religieuses tertiaires de saint François, communauté fondée par le père Vincent Mussart, connu pour avoir rétabli la règle du Tiers-Ordre au début du XVIIe siècle. Installées d’abord en province, les religieuses reçurent de Louis XIII, en janvier 1614, des lettres patentes leur permettant de s’établir à Paris. La construction de l’église est commencée en 1628 par le maître-maçon Louis Noblet et la reine Marie de Médicis pose la première pierre le 14 mai 1628. En 1643, Michel Villedo reprend les travaux qui ont été arrêtés en 1631, pour les terminer vers 1646. L’église est consacrée le 14 juillet 1646, sous la présidence de la reine Anne d’Autriche, par Jean-François Paul de Gondi, futur cardinal de Retz, et coadjuteur de l’archevêque de Paris. Elle est alors dédiée à sainte Elisabeth de Hongrie, la première tertiaire ayant prononcé des vœux solennels, et à Notre-Dame de Pitié. Le parrain et la marraine de la cloche sont le duc d’Angoulême, grand prieur de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem et Charlotte de Montmorency. La construction, tournée vers l’ouest contrairement à l’usage, ne comprenait qu’une nef de trois travées, flanquée au nord de trois chapelles et au sud du chœur des religieuses. Les bâtiments conventuels s’étendaient derrière l’église et le long de son flanc sud. Parmi les religieuses, il y eut les mesdemoiselles de Harlay, Trudaine, Berryer, Le Tellier, Voisin… Elles s’occupaient de l’éducation des jeunes filles ainsi que de personnes âgées.

La Révolution

Pendant la Révolution française, le 29 août 1792, les religieuses sont expulsées par les municipaux de la Commune de Paris. Le confesseur des Dames de Sainte-Elisabeth, l’abbé Georges Girault est arrêté et emprisonné au couvent des Carmes Déchaux. Assassiné le 2 septembre 1792, il devint le premier martyr des Carmes et fut déclaré bienheureux en 1926. Le père Elysée Guinain, chapelain des sœurs, est arrêté et emprisonné. La chapelle du couvent devient alors un dépôt de farine appelé « le magasin Elisabeth », ouvert jusqu’en 1802.

Eglise paroissiale

L’église est rendue au culte au début du XIXe siècle. C’est à cette époque qu’elle devient l’église paroissiale du quartier du Temple, l’église de la paroisse Sainte-Marie-du-Temple (qui se trouvait dans l’enclos du Temple, vers la rue Perrée) ayant été rasée en 1796 ou 1797. Les religieuses et leurs pensionnaires s’installent au 60 rue de Turenne. L’abbé Marc-Antoine de Plainpoint est curé de 1802 à 1813. En 1815, y est célébré une messe pour Louis XVI par Hyacinthe-Louis de Quélen, à la demande des baillis, commandeurs et chevaliers de l’ordre souverain de Malte. En 1829 fut construit le bas-côté sud, tandis que disparaissait le chœur des religieuses. En 1858, le percement de la rue de Turbigo supprima ce qu’il restait des bâtiments conventuels. C’est alors que l’architecte Etienne-Hippolyte Godde allongea la nef et construisit l’actuel chœur en hémicycle entouré d’un déambulatoire et deux grandes chapelles dans le bas-côté gauche. De 1923 à 1947, le curé de Sainte-Elisabeth est le chanoine et collectionneur d’art Albert Marcadé. L’église est classée au titre des monuments historiques en 1937 et devient l’église conventuelle de l’ordre souverain de Malte à Paris l’année suivante. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle servira de cachette à des familles juives du quartier. Dès 1985, une vaste campagne de restaurations sera effectuée par la ville de Paris.

Architecture

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Les ordres doriques et ioniques se superposent dans la façade où des pilastres cannelés alternent avec des fenêtres à fronton et des niches abritant des statues. Un entablement orné de triglyphes et d’une corniche à larmier sépare les deux étages. La partie supérieure est encadrée d’ailerons à enroulements terminées par des pots à feu, ornements que l’on retrouve à l’extrémité des rampants du frontin curviligne qui coiffe tout l’étage. Au centre du fronton, une guirlande sculptée entoure un chiffre où se lisent les lettres « SE » entrelacées.

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L’actuelle décoration sculptée date du XIXe siècle et nuit à l’aspect de la façade, pourtant harmonieuse et représentative du début du XVIIe siècle. Au tympan se trouve une Piéta (1860), œuvre de Joseph-Michel-Ange Pollet.

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Dans les niches de part et d’autre, les statues de saint Louis et sainte Eugénie (sainte patronne de l’épouse de Napoléon III) sont d’Anatole Célestin Calmels (1857). Dans les niches supérieures, on peut voir sainte Elisabeth par Emile Thomas et saint François d’Assise par Joseph Félon (1863).

La nef, voûtée d’arête, est rythmée de chaque côté par cinq arcades en plein cintre, séparées par des pilastres doriques. Sur la frise de l’entablement alternent triglyphes et métopes illustrant les instruments de la Passion et du culte. On peut y voir une statue de sainte Thérèse et de l’enfant Jésus.

Le chœur, voûté en cul-de-four, est séparé du déambulatoire par quatre colonnes. La demi-coupole est ornée d’une fresque représentant « la Glorification de sainte Elisabeth de Hongrie accueillie par les anges dans le ciel », peinte par Jean Alaux. Elisabeth a revêtu l’habit franciscain. Elle est saluée par les trois vertus théologales et les archanges saint Michel et saint Gabriel. Le maître-autel est décoré de peintures d’anges en adoration et d’un bas-relief de la Résurrection en bronze.

Dans le déambulatoire, en 1845, le curé Eloi Jousselin achète et fait installer les bois sculptés des stalles de l’abbaye bénédictine de Saint-Vaast d’Arras.

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Ces cent panneaux avaient été commandés à un atelier local par le Père Abbé en 1623. Ils représentent des scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament. Ils portent la marque de la réforme issue du concile de Trente et reflètent la tendance théologique de l’époque 1623. Passés de mode, ils n’ont dû de subsister qu’à leur oubli dans un prieuré où ils avaient été déposés. Ils seront mis en place dans l’église parisienne par les soins de l’architecte Victor Baltard.

Dans le déambulatoire, on peut admirer aussi un triptyque en bois du XVIIe siècle illustrant le Christ en croix entouré de la Vierge et de saint Jean, quatre fresques du XIXe siècle (Les Béatitudes de Guermann Von Bohn, Les Sept sacrements de Paul Jourdy, le Jugement dernier d’Adolphe Roger et les Sept œuvres de Miséricorde de Jean-Louis Bézard).

Dans les bas-côtés se trouve la cuve baptismale provenant de l’église du Saint-Sauveur, rue Saint-Denis, détruite en 1787.

Le grand orgue est placé sur une grande tribune au fond de la nef. C’est le plus grand instrument de Louis Marie et Paul Louis Suret, inauguré en 1853. Après avoir été modifié profondément par la maison Gutschenritter, l’instrument finit par tomber en panne. Ayant perdu toute son intégrité, il est restauré en 1994-1999 par la manufacture Giroud, qui restitue la composition d’origine à l’exception de l’Euphone du grand orgue, qui est remplacé dans la composition actuelle par un Plein-jeu, et des jeux à anches libres, reconstitués à anches battantes. De plus, la pédale d’orage disparue est remplacée par un appel des jeux de 16 pieds du grand orgue. L’instrument est classé aux monuments historiques.

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Passage Vendôme

Se trouvait ici jusqu’à la Révolution le couvent des Filles-du-Sauveur fondé en 1701 par un prêtre de Saint-Jean-en-Grèce pour venir en aide aux « mauvaises filles » repenties. Leur installation se fit en 1704 et la communauté, dirigée par les religieuses de Saint-Thomas-de-Villeneuve, fut confirmée par lettres patentes datées d’août 1727. Leur chapelle était placée sous le vocable du Sauveur. Supprimé en 1790, le couvent fut vendu comme bien national en 1796. Le bâtiment fut détruit et céda sa place au passage Vendôme. Il doit son nom à Philippe de Vendôme, Grand Prieur du Temple, qui céda à la ville les terrains nécessaires au lotissement du quartier. Le passage mesure 57 mètres de long. Edifié en 1827, le passage reliait à l’origine le boulevard du Temple au Carreau du Temple et était situé à un emplacement idéal entre l’animation des théâtres du boulevard et un marché animé. Malgré son architecture élégante et ses boutiques qui trouvèrent bientôt preneur, le passage déclina rapidement pour des raisons peu évidentes et fut déserté à peine quelques années après son inauguration. En 1869, l’aménagement de la place de la République le raccourcit de quatre mètres, faisant disparaître sa façade sur le boulevard ainsi qu’une partie de sa verrière. Le passage se retrouve ainsi avec deux types de couvertures et reste de nos jours peu passant malgré son emplacement à proximité d’une des places les plus fréquentées de la capitale. Il a fait l’objet d’une campagne de rénovation partielle fin 2005 : les verrières ont été restaurées, les corniches et les peintures refaites, ainsi que des devantures de boutiques. Une prochaine campagne s’occupera de restaurer le sol à l’identique. Le passage fait l’objet d’une inscription aux monuments historiques depuis le 13 avril 1987.

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L’entrée sur la rue Béranger offre une jolie façade de style Renaissance. Cinq arcades cintrées s’élèvent sur la hauteur du rez-de-chaussée et du premier entresol. On trouve au-dessus un second entresol, puis un étage haut. L’arcade centrale, qui forme l’entrée du passage, est encadrée de pilastres toscans, surmontés de niches qui abritaient primitivement des statues.

Les fenêtres de l’étage s’agrémentent d’une corniche vigoureuse, soutenue par des consoles simplement moulurées. Quatre œils-de-bœuf sont percés dans les écoinçons, à hauteur du premier entresol. Au-dessus de l’entrée, l’inscription « passage Vendôme » en lettres de bronze sur plaque de marbre, semble dater de la création.

Une verrière à quatre pentes éclaire le passage, et deux volées de marches successives permettent de rattraper le dénivellement entre la rue Béranger et la place de la République.

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Lycée Turgot

Le lycée est construit en partie sur l’emplacement du couvent des Madelonnettes, établissement charitable créé en 1618, à l’initiative de Robert de Montry, pour recueillir les femmes de mauvaise vie repenties. Fermé et devenu bien national en 1790, le couvent est transformé en prison. Le lycée polyvalent possède des classes préparatoires en filière D1, D2, Physique-Chimie et ECT (économie commerciale).

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Création de l’école

Trois ans après la loi Guizot de 1833 et de la création de l’enseignement primaire supérieur, la première école primaire supérieure de la ville de Paris, ultérieurement appelée lycée Turgot, est créée. Il s’agit d’un intermédiaire entre l’école primaire et le lycée. Les bâtiments avaient alors leur entrée sur la rue du Vertbois (la rue de Turbigo ne sera ouverte qu’en 1858). En 1838, le pédagogue Pierre-Philibert Pompée en est officiellement nommé directeur. Le choix de l’implantation du lycée s’est fait selon deux critères : d’une part, il fallait que le lycée soit situé à proximité des potentiels élèves (petite bourgeoisie industrielle et commerçante). D’autre part, il fallait un emplacement vaste et aéré. L’école a ouvert ses portes le 14 octobre 1839 à 76 jeunes gens qui s’étaient fait inscrire.

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Le lycée

turgot 05L’enseignement dispensé était un enseignement dit « moderne », c’est-à-dire sans latin. On y enseignait le français, l’histoire et la géographie, les mathématiques, l’histoire naturelle, le chant, la gymnastique, la physique et la mécanique, le dessin… Les effectifs grossirent rapidement : 150 élèves en 1841-1842, 210 élèves en 1844-1845, 308 élèves en 1847-1848. En 1847, l’école est renommée « école municipale Colbert ». A la suite de la révolution de 1848, l’école est renommée « école municipale Turgot ». Des travaux d’agrandissement commencent en 1856. Cependant, neuf ans plus tard, un incendie a lieu dans l’enceinte du lycée. En 1867, des travaux importants ont été entrepris dans le but d’agrandir l’établissement. Le chantier est confié à l’architecte E. Chat, qui va réaliser un établissement modèle, une construction fonctionnelle avec des amphithéâtres spacieux, des laboratoires, de larges cours. Interrompus par les événements de 1870, les travaux reprendront en 1872 et seront terminés en 1874. Suite à ces aménagements, l’école voit ses effectifs augmenter : 500 en 1857 et 708 en 1895. Aujourd’hui, l’établissement compte seulement 245 élèves.

L’architecture

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Construction de pierre largement percée de baies vitrées, le lycée offre sur la rue de Turbigo une interminable façade austère et sans grâce. Les éléments décoratifs sont empruntés aux siècles précédents, sans aucun souci d’innovation : pilastres, frontons, corniches, refends. Elevé primitivement de deux étages et d’un attique, le pavillon central était surmonté d’un campanile, supprimé lorsque l’ensemble du bâtiment a été rehaussé de deux étages.

Ouverte en plein cintre, la porte centrale est dominée par un buste d’Athéna entouré de feuilles de chêne et d’acanthe. Le portail ouvrant sur la rue du Vertbois est une laborieuse imitation de la Renaissance : cintré, encadré de pilastres cannelés, il est surmonté d’une frise à triglyphes dominée par un fronton triangulaire au centre duquel sont sculptés les armes de la ville.

L’irrégularité de la parcelle a imposé à l’architecte un plan très complexe où sont imbriqués corps de bâtiments et cours. L’établissement a été entièrement rénové en 2015 par les architectes Fendler Seemuler et Drescher Kraemer. La façade rue de Turbigo est en cours de rénovation…

 

 

L’ange de Turbigo

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Contre la façade de cet immeuble construit sous le Second Empire est sculpté un grand ange, sorte de cariatide qui s’étire du premier au troisième étage, et dont les ailes déployées semblent soutenir le balcon de l’étage supérieur.

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Elle tient dans sa main gauche un brin de myrrhe et dans la droite, une petite bourse en forme de sac. Ses proportions hors norme, elle les doit à son créateur, Auguste Delange, qui la présenta en 1851 à un concours des Beaux-Arts.

 

Dès 1867, l’immeuble était désigné sous le nom de « maison du génie de la rue de Turbigo ». Il semblerait qu’il s’agisse de l’enseigne d’une fabrique de passementerie.

Maison de la rue Volta

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On a longtemps pensé que la maison était la plus vieille maison de Paris et qu’elle datait de 1300. En 1979, il a été établi que cette bâtisse se trouvait sur le terrain occupé par le jardin d’une maison voisine aujourd’hui disparue, et qu’il était encore vierge de toute construction en 1644 ; la maison ayant probablement été bâtie entre 1644 et 1654.

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Elle reste néanmoins d’un grand intérêt, témoin de ce procédé de construction en charpente, à pans de bois apparents et torchis, qui restera en usage jusqu’à la fin du XVIIe siècle, malgré les interdictions répétées des autorités royales et municipales, soucieuses d’éviter la propagation des incendies.

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La maison dresse quatre étages de pans de bois sur rez-de-chaussée de pierre qui a gardé ses lourds piliers et ses deux boutiques à margelles, autrefois munies de volets de bois pivotants, utilisés alternativement, selon leur position, comme fermeture ou comme étals pour la marchandise.

L’étroite porte d’entrée, sur laquelle se trouve encore une ferrure d’époque, donne accès à un couloir sombre, où débouche un escalier étroit, fort raide, à rampe de bois massif, chichement éclairé par une minuscule courette. Les pièces des étages sont basses et sombres. Les planchers sont inégaux et, aux plafonds poutres et solives sont apparentes : c’est du chêne, noirci par les ans, mais qui semble avoir admirablement résisté aux injures du temps. L’étage dans le comble a été aménagé à la fin du XVIIIe siècle, peu avant la Révolution. La maison présente la particularité rarissime (même à cette époque) de ne pas comporter de caves.