Boucherie

La boutique se situait au n°67 de la rue de Turenne, dans le 3e arrondissement.

Il existait là, avant la Première Guerre mondiale, une boucherie. Les carcasses étaient pendues à des crochets devant la devanture. Les balcons du premier étage étaient maintenus par quatre sculptures de têtes de bœufs. Actuellement, il n’existe plus que trois têtes et une partie des crochets, pour rappeler l’ancien emploi du bâtiment.

Sur une carte postale ancienne, il est mentionné que Napoléon III coucha dans l’immeuble en 1848.

Les archives nationales

Enfin, le propriétaire réorganise l’intérieur de l’hôtel de Soubise en séparant appartements de parade et appartements privés en enfilade. En 1732, à l’occasion de son remariage avec Marie-Sophie de Courcillon, jeune veuve de 19 ans (dont il est l’aîné de plus de 40 ans) et fille de Philippe de Courcillon de Dangeau, Hercule-Mériadec, fils et héritiers de François de Rohan-Soubise, entreprend de mettre au goût du jour les appartements de l’hôtel. Il fait appel au célèbre architecte Germain Boffrand qui complète l’enfilade des salons par un pavillon ovale, permettant l’articulation avec les appartements privés de l’aile nord en retour. A partir de 1736, Boffrand porte tous ses efforts sur le décor intérieur en faisant appel aux meilleurs artistes de son temps : François Boucher, Charles Natoire et Carle van Loo. Les appartements comptent parmi les plus beaux exemples du style rocaille, où la richesse ornementale de la ligne courbe s’allie à l’harmonie des ors et des couleurs, dans le respect de l’équilibre et de la convenance. Tandis que le rez-de-chaussée est dévolu à Hercule-Mériadec et célèbre avec une certaine sobriété les vertus des princes de la Maison de Rohan, le premier étage chante avec éclat, quant à lui, la beauté et la jeunesse de la princesse de Soubise. Aujourd’hui, seule une partie des salons a pu être restituée dans sa splendeur, l’autre ayant été détruite et le mobilier d’origine ayant disparu.

On entre dans l’hôtel par un vestibule dont très peu d’éléments du décor originel ne subsistent. Deux médaillons à l’antique d’empereurs romains entourés de trophées d’armes, casques et cuirasses, se trouvent au-dessus des anciennes portes latérales. Celle de droite donnait au XVIIIe siècle accès aux appartements du prince et ouvrait sur une enfilade de trois pièces, le long des baies ensoleillées donnant sur le jardin. Elles conduisaient à la chambre d’apparat du prince. 

La première pièce est une antichambre qui sert désormais de salle d’exposition et qui servait à l’époque de Boffrand de salle d’attente et de réception. En 1902, les deux pièces sont réunies et deviennent la salle de lecture des Archives nationales, jusqu’à l’ouverture du CARAN en 1988. Elle est alors garnie de boiseries inspirées des projets du sculpteur ornemaniste Jacques-Louis Herpin. Ces boiseries sont aujourd’hui dissimulées derrière des cimaises d’exposition.

On rejoint ensuite la chambre d’audience et la chambre d’apparat du prince. On attribue aux sculpteurs Lambert-Sigisbert Adam et Jean-Baptiste II Lemoyne les bas-reliefs des médaillons ornant les lambris : du côté de l’alcôve les allégories du Discernement et de La Richesse, et du côté des fenêtres, celles de La Vérité et de la Gloire. L’or n’apparaît qu’aux bordures des glaces et des peintures. Celles-ci représentent, en-dessus-de-porte, Aurore et Céphale (François Boucher en 1739) et Mars et Vénus (Carle van Loo en 1738), et du côté de l’alcôve, Neptune et Amphitrite (Jean Restout en 1736) et l’Hymen d’Hercule et d’Hébé (Charles Trémolières en 1738). Des motifs héraldiques ornent la corniche. Cette pièce sert régulièrement pour des concerts et des journées d’étude.

La porte dissimulée sous la tenture de l’alcôve de la chambre d’apparat du prince donne accès au « petit cabinet des livres », qui a conservé ses boiseries datant vraisemblablement de 1735-1740. Au début du XVIIIe siècle, cette pièce servait plutôt de garde-robe où dormait le valet de chambre du prince. C’est le dernier propriétaire, le maréchal Charles de Rohan, prince de Soubise, qui le transforme en bibliothèque. Deux camaïeux bleus de François Boucher, la Chasse et la Pêche, ornent les médaillons de chaque côté de trois grands placards. La cheminée, en marbre de Rance, est la seule de l’hôtel de Soubise qui soit d’origine. Au XIXe siècle, cette pièce sert de bureau aux architectes des Archives puis aux professeurs de l’Ecole de Chartes et enfin au conservateur du musée.

Le salon du prince a été construit et aménagé lors de la grande campagne dirigée par Boffrand, à partir de 1735. Entre les arcades du salon se trouvent huit grands bas-reliefs représentant des allégories des sciences et des arts. Quatre d’entre eux sont dus à Lambert-Sigisbert Adam, la Poésie et les Arts plastiques, la Musique, la Justice, l’Histoire en présence du Temps et de la Renommée. Les quatre autres, la Fable et la Vérité, l’Arithmétique, l’Astronomie, l’Epopée et la Tragédie ont été sculptés par Lemoine. Conçu comme un salon « frais », il ouvrait sur les jardins et servait de salon de musique, art dont les Soubise se firent les promoteurs. En effet, en 1762, le maréchal de Soubise demande à son ami le compositeur François-Joseph Gossec de créer le « concert des Amateurs ». Avec 70-80 musiciens, cet ensemble a une dimension symphonique, fait exceptionnel pour l’époque. Le chevalier de Saint-Georges prend ensuite la succession de Gossec et la foule se presse pour entendre l’orchestre dirigé par le professeur de musique personnel de la reine Marie-Antoinette.

Le salon communique avec le grand cabinet du prince dont ne subsiste du décor original que la corniche. Sont accrochés en-dessus-de-porte Jupiter et Junon (Van Loo en 1737) et la Dispute de Minerve et Neptune (Restout en 1738).

L’hôtel de Soubise respecte la tradition des appartements privés de la maîtresse de maison situés à l’étage, où ils disposent d’une plus belle vue sur le jardin et sont mieux chauffés l’hiver car plus bas de plafond et mieux exposés au soleil. On accède aux appartements de la princesse par un grand escalier reconstruit en 1844. Son plafond peint par Armand Marie Félix Jobbé-Duval représente la France arrachant ses archives à la nuit des temps (1877-1881).

On accède tout d’abord à la salle des gardes, pièce qui, au XVIe siècle, permettait aux Guise d’accueillir leur importante clientèle parisienne et fut l’un des hauts lieux de rassemblement de la Ligue catholique pendant les guerres de Religion. Elle était richement décorée de tableaux et de luxueuses tapisseries, dont celles des Chasses de l’empereur Maximilien tissées d’après des cartons de Bernard van Orley et conservées aujourd’hui au musée du Louvre. Au XVIIIe siècle, la salle conserve les mêmes proportions mais prend le nom de « grande antichambre », « galerie » ou « grande salle ». On pénètre dans les appartements de la princesse par cette longue salle présentant une galerie de portraits d’ancêtres, de rois et de membres de la famille de Rohan-Soubise (actuellement en rénovation). Entre 1808 et 1865, la salle des gardes héberge momentanément le Trésor des chartes. Depuis 1970, cette vaste salle sert à accueillir les expositions temporaires des Archives nationales.

On entre ensuite dans la salle d’assemblée. Cette pièce a conservé un moulage de sa corniche décorée dans les angles de reliefs figurant les Quatre parties du monde. Les tableaux des dessus-de-porte, qui proviennent de la petite chambre de la princesse, représentent Vénus à sa toilette (van Loo en 1738) et Vénus au bain (Boucher en 1738). La présentation actuelle se veut une évocation de l’œuvre fondatrice des premiers directeurs des Archives. Des vitrines de bois noirci aux appliques de bronze furent spécialement conçues pour l’inauguration du musée en 1867. C’est dans ces mêmes vitrines que sont aujourd’hui présentés les fac-similés de 14 grands documents de l’histoire de France.

La pièce suivante est la chambre d’apparat de la princesse, présentée telle qu’elle fut conçue pour sa seconde épouse d’Hercule-Mériadec, la jeune Marie-Sophie de Courcillon. C’est dans cette pièce que s’exerce avec le plus d’éclat la volonté de représentation des Soubise, calquée sur l’exemple versaillais. En tant que princes étrangers, plus haut rang de la Cour après celui de prince de sang, les Soubise jouissaient du privilège de posséder une balustrade derrière laquelle était installé le lit de parade. Le précieux décor des boiseries est attribué au sculpteur ornemaniste Jacques Verbeckt.

Les médaillons dorés des lambris représentent les amours de Jupiter avec Callisto, Sémélé, Europe et Io tandis que ceux des angles de la corniche sont consacrés aux figures de Danaé, Léda, Ganymède et Hébé.

Sur les côtés, des groupes en stuc blanc sont sculptés par Nicolas Sébastien Adam : Bacchus et Ariane (l’ivresse et la musique), Diane et Endymion (la chasse), Minerve et Mercure (la puissance) et Vénus et Adonis (le commerce amoureux). Les dessus-de-porte représentent les Grâces président à l’éducation de l’Amour (Boucher en 1738), et Minerve enseignant à une jeune fille l’art de la tapisserie (Trémolières en 1737). Sur le damas rouge de l’alcôve ont été accrochées deux pastorales de Boucher, la cage et la Guirlande, jadis placées dans la salle d’audience du prince.

On entre ensuite dans la pièce la plus remarquable de l’hôtel, le salon de la princesse, chef-d’œuvre de Germain Boffrand et Charles Natoire. Sa forme ovale a permis à l’architecte de façonner un joyau décoratif où stucs, boiseries sculptées et peintures s’unissent pour abolir toute discontinuité de l’espace. Sur le plan horizontal, le rythme est donné par les grandes arcades des baies, portes et miroirs alternant avec des panneaux de boiserie blanc et or.  Sur le plan vertical, la jonction avec le plafond se fait sans rupture en suivant les courbes et contre-courbes des lambris et des cadres chantournés des « panaches » dans lesquels sont insérées les toiles de Natoire jusqu’aux ondulations de la corniche et aux nervures de la volière se détachant sur le plafond bleu de ciel. Les huit peintures (1737-1739) sont consacrées au mythe de Psyché dont les épisodes sont contés dans l’ordre chronologique : Psyché recueillie par Zéphir, Les Nymphes accueillent Psyché avec des fleurs au seuil du palais de l’Amour, Psyché montre ses trésors à ses sœurs, Psyché contemple son époux endormi, Les Nymphes retirent de l’eau le corps inanimé de Psyché, Psyché chez les bergers, Psyché défaille de frayeur devant Vénus, et Psyché ravie au ciel par l’Amour.

La petite chambre à coucher de la princesse où celle-ci couchait réellement, est située dans le bâtiment ajouté par Boffrand. Elle communique avec le salon par une porte dissimulée dans la boiserie et avec la chambre de parade par une porte sous tenture. Les quatre dessus-de-porte proviennent d’une salle de compagnie, dans les appartements des enfants du prince aujourd’hui détruits, dans lesquels figurent L’amitié de Castor et Pollux (van Loo en 1738), la Discrétion et la Prudence (Restout en 1737), les Caractères de Théophraste ou la Sincérité (Trémolières en 1737) et Mercure donnant des leçons à l’Amour (Boucher en 1738). Sont également placés sur les murs plusieurs autres dessus-de-porte provenant d’appartements démolis : Apollon enseignant à l’Amour à jouer de la lyre (Restout en 1737), Diane désarmant l’Amour (Trémolières en 1737), Paysage au pêcheur (Trémolières en 1738), Paysage au moulin (Boucher en 1739), Phébus et Borée (Restout en 1738) et le Bûcheron et Mercure (van Loo). La corniche est ornée d’enfants, de cartouches cynégétiques et de médaillons représentant Les Quatre éléments.

L’ancienne salle de dais de la princesse a conservé sa corniche armoriée portant les chiffres RS des Rohan-Soubise dans les angles. La suite des appartements privés a été détruite entre 1860 et 1870 pour édifier les bâtiments abritant les Grands dépôts des archives. Cette pièce est aujourd’hui consacrée à des présentations temporaires de documents d’archives, orignaux ou fac-similés.

La salle dite « Empire » a été créée au XIXe siècle à l’emplacement de plusieurs petites pièces des appartements rivés de la princesse de Soubise, dont l’ancienne chambre à coucher de la princesse Anne Geneviève de Lévis Ventadour, première femme d’Hercule-Mériadec, morte ici même en 1727. Meublée en 1882 de placards de chêne à l’instar des rayonnages des Grands dépôts, elle est d’abord destinée à l’exposition de différents objets historiques et de pièces à conviction provenant de grands procès criminels. En 1939, elle devient galerie permanente d’exposition pour les documents du Premier Empire, d’où son appellation. Il y est montré actuellement une collection de boîtes utilisées pour conserver les archives de la fin du Moyen Age au XXe siècle. A partie de 2013, cette présentation provisoire est développée et les Archives nationales offrent aux visiteurs une immersion dans une salle reconstituée des Grands dépôts.

Hôtel Le Rebours

L’hôtel se situe au n°18 de la rue des Quatre-fils, dans le 3e arrondissement.

L’hôtel Le Rebours fut construit vers 1650 pour le président du parlement de Metz, Pierre Le Meusnier. En 1680, le conseiller au ¨Parlement Jérôme Le Ferron, qui en était alors propriétaire, le laissa à son fils, président du parlement, qui le céda à son tour à son gendre, Jean-Baptiste Le Rebours, conseiller au Parlement. En 1768, il appartenait au fils de ce dernier à qui la Révolution le confisqua. En 1937, au moment de l’alignement de la rue des Quatre-Fils, le portail sur rue fut détruit et remplacé par un bâtiment bas à trois arcades, dont le toit forme une terrasse terminée sur la rue par une balustrade en fer forgé. L’aile droite, très raccourcie, est terminée par un pignon moderne.

Ce pignon est décoré, à environ 4 mètres de hauteur, d’un cadran solaire vertical, déclinant de l’après-midi. Les traits sont gravés et peints en noir sur une plaque carrée, d’environ 1,20 mètre de côté. Celle-ci, maintenue par des crampons, fait saillie de 2 cm sur le mur. Le centre du cadran est à droite, vers le bas, à l’extérieur. Les cinq lignes horaires, en traits pleins, sont terminées par une flèche à chaque extrémité. Les cinq lignes des demi-heures, en traits pleins, partent après les lignes horaires et vont plus loin. Elles sont arrêtées par un point à chaque extrémité. Les chiffres sont romains. Le style polaire, pointé vers le haut, est soutenu par deux jambes en fer forgé s’appuyant près de la ligne VIII. Le cadran est en bon état et visible de la rue.

Centre d’exploitation des télécommunications

Le centre se situe au n°61 de la rue des Archives, dans le 3e arrondissement.

Au moment de sa construction (1907-1912) cet immeuble a été comparé, dans un article de la revue le Béton armé, à un gratte-ciel américain. Comparaison exagérée, mais qui voulait souligner la prouesse technique réalisée par l’architecte Charles Blondel en construisant cet édifice entièrement en béton armé, système Hennebique. L’immeuble est élevé de six étages ; les ouvertures cintrées (fenêtres et portes) n’obéissent à aucune symétrie, aucune uniformité. Matériau de pointe, le béton n’a pas encore conquis sa fonction décorative et la façade est un placage de pierre.

Les fenêtres sont cernées d’un bandeau agrémenté d’un décor floral sculpté, frappé au sommet des lettres « RF ».

La porte principale est fermée d’une grille en tôle de fer ouvragée qui reproduit un motif végétal exubérant. Le balcon qui la domine est l’élément le plus remarquable : il est soutenu par deux femmes sculptées, œuvre de Jean Boucher, qui font office de consoles, leur corps à demi-nu émergeant d’un drapé sinueux ; entre elles, le coq gaulois déploie ses ailes. Par la souplesse du dessin, les courbes mouvementées, cette composition se rattache encore à l’Art nouveau. L’ensemble de l’édifice constitue une œuvre originale, d’un style très personnel.

Centre d’Accueil et de Recherche et des Archives Nationales

Projet et conception

Les Archives nationales disposaient de plusieurs salles de lecture, dispersées sur tout le site, et qui avaient été mises en service au fur et à mesure de l’accroissement du lectorat (250% en 20 ans). Cette situation était peu satisfaisante et certaines salles ne présentaient pas les garanties de confort et de sécurité requises. Dès sa nomination comme directeur général des Archives de France en 1975, Jean Favier décida de créer un espace unique pour la consultation des documents, à l’exception des cartes et plans. Dès 1976, Claude Aureau (architecte des Archives nationales de 1978 à 1986) élabora un projet pour la construction de ce nouveau bâtiment. Il consistait à prolonger la façade de l’hôtel dit de Boisgelin en ouvrant les services du public sur les jardins de Rohan. Mais il fallut attendre six ans avant que ce projet soit mis en œuvre. En 1982, le ministre de la Culture Jack Lang accepta le projet de création du CARAN. Celui-ci devait bien sûr répondre à un certain nombre de contraintes. Tout d’abord, les Archives nationales s’élèvent dans le secteur sauvegardé du Marais. Il fallait donc construire sur la rue des Quatre-Fils une façade capable de s’intégrer entre l’hôtel dit de Boisgelin et l’alignement des Grands dépôts datant de Napoléon III. L’accès des visiteurs vers le jardin de Rohan devait respecter la sécurité des Archives. Le concours d’architecte fut ouvert en 1983. Claude Aureau, écarté de la compétition, présida le jury qui retint en mai trois candidats : Stanislas Fiszer, Daniel Kahane et Fernand Pouillon. A l’issu de la phase d’affinage du projet, le projet du professeur à l’Ecole d’architecture de Nancy, Stanislas Fiszer, fut retenu.

Chantier

La conduite du chantier fut complexe. Il fallut démolir de vieux édifices et construire un réseau de galeries souterraines qui relieraient le CARAN aux magasins d’archives. Au niveau du premier sous-sol, un réseau de galeries souterraines relia ainsi l’ensemble des dépôts. Une fois les démolitions achevées, la construction du nouveau bâtiment fut lancée en mars 1986 et dura deux ans. Le bâtiment fut inauguré le 23 mars 1988 par François Léotard, alors ministre de la Culture.

Le CARAN se compose d’un bâtiment principal, le « grand CARAN », proche des Grands dépôts, comprenant les équipements collectifs, et d’un bâtiment annexe le « petit CARAN », relié au principal au niveau du premier étage et réservé aux services spécialisés. A l’extérieur, Fiszer harmonisa le CARAN avec la couleur de la pierre des bâtiments voisins. En avant de la façade sur le jardin, pour témoigner de l’histoire du site, une ancienne porte monumentale du hangar des machines de l’imprimerie nationale fut installée.

A l’intérieur, le CARAN comporte deux niveaux principaux de sept mètres de hauteur, recoupés de manière asymétrique par des mezzanines et formant ainsi quatre niveaux et deux sous-sols. Le hall d’accueil est éclairé par les larges baies donnant sur le jardin de Rohan. Dans la conception d’origine, une salle des inventaires, située au niveau de la mezzanine, permettait de mettre à la disposition des chercheurs les instruments de recherche des Archives nationales, des services publics d’archives français, voire de services d’archives étrangers. La salle de lecture au premier étage offrait plus de 300 places pour la consultation des documents d’archives. Toute la circulation des documents s’effectue ainsi de manière rationnelle entre les dépôts et la salle de lecture dans les meilleures conditions de sécurité. Au 3e étage, la salle des microfilms offrait l’accès à 120 appareils de lecture. Le petit CARAN abritait la salle de consultation des sceaux, le Centre d’onomastique et l’unité de recherche du CNRS consacrée à la topographie parisienne.

Rénovations

Le CARAN fit l’objet de nouveaux travaux de réaménagement des espaces d’accueil et de communication de 2001 à 2005. Ces travaux visaient à développer la surface de stockage des documents en instance de communication, à élargir le guichet de délivrance des documents et à moderniser les infrastructures de la salle de lecture. Depuis 2013, mais surtout depuis le transfert d’une partie des documents du site parisien des Archives nationales vers le nouveau site de Pierrefitte-sur-Seine, la consultation des inventaires s’effectue au second étage, dans le même espace que la consultation des documents originaux. Les trois centres de sigillographie, onomastique et topographie parisienne accueillent leurs chercheurs au premier étage.

Œuvres d’art

1% du coût des travaux de rénovation fut consacré à la commande d’œuvres d’art spécialement conçues pour être intégrées au bâtiment. Ivan Theimer a conçu le relief en bronze des Quatre-Fils, encastré dans la façade, dans la rue éponyme.

Adalberto Mecarelli, sculpteur et spécialiste des jeux de lumière, a créé une pyramide très élancée, placée sous la rotonde d’entrée de telle sorte que les ombres portées prolongent dans l’espace la signification du volume. Pierre Gaucher, ferronnier d’art, a travaillé sur les quatre grilles donnant sur la rue et sur le jardin de Rohan. De fabrication industrielle, elles ont été modifiées par des assemblages de barreaux et de nœuds en fer plat. Maxime Old a conçu le prototype des sièges en bois massif de la salle de lecture.

Hôtel Aymeret ou Gigault de Grisenoy

L’hôtel se situe au n°16 de la rue des Quatre-Fils, dans le 3e arrondissement.

Il fut construit en 1610 pour le maître des comptes Paul Aymeret. Sa fille, l’épouse de Claude Charlot, en hérita et le transmit à ses héritiers. En 1731, il devint la propriété de la veuve de Louis Le Bas de Girancy puis de ses héritiers. En 1767, il passa au fermier général Gigault de Grisenoy. Son aile gauche était décorée d’un cadran solaire. En 1937, au moment de l’alignement de la rue des Quatre-Fils, cet hôtel et son voisin, l’hôtel Le Rebours, subirent des amputations. Le portail et les vantaux de l’hôtel Gigault ont été déposés et réemployés dans la nouvelle façade. L’aile droite a été élargie à gauche, du côté du n°18, et compte donc une construction moderne. De chaque côté de celle-ci, un nouveau cadran a été placé. Ces deux cadrans remplacent l’ancien disparu.

            Le cadran, solaire de l’hôtel est vertical, à environ 4 mètres au-dessus de la rue.  Ses traits sont gravés sur une plaque carrée de marbre blanc, de 1,20 mètre de côté environ. Cette plaque fait saillie de 2 cm sur le mur et se trouve maintenue par des crampons. Le centre du cadran est entouré d’un arc de cercle fictif. Les onze lignes horaires en traits pleins, partent de cet arc et sont terminées par des flèches. Les onze lignes des demi-heures, en traits pleins, partent plus bas que les lignes horaires et elles sont terminées par des points. Les chiffres sont romains. Un important style polaire, en fer forgé, est soutenu par deux jambes qui s’appuient sur la sous-stylaire, presque confondue ici avec la ligne VIII. Le cadran est en bon état et visible de la rue.

Hôtel Hérouet

L’hôtel se situe au n°44 de la rue des Francs-Bourgeois, dans le 3e arrondissement.

Vers 1499, Jean Malingre, conseiller du roi au Parlement, était propriétaire d’un terrain d’encoignure, peut-être déjà bâti, sur lequel il se fit construire un hôtel conforme à son rang et ses fonctions (les Malingre avaient été anoblis par Louis XI). Sa fille Marie avait épousé Jean Hérouet, secrétaire et trésorier du duc d’Orléans, qui acquit la propriété de son beau-père. Il resta dans la famille jusqu’en 1582. Il devint ensuite successivement la propriété des Pelloquin, Tillet puis Villarceau.

De style gothique flamboyant, l’hôtel, comme tous les immeubles environnants, a été très endommagé par le bombardement du 6 août 1944, et l’édifice flambant neuf qui se dresse aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec la demeure de Jean Malingre, exceptée la jolie tourelle en encorbellement. De plan octogonal et coiffée en poivrière, percée d’une petite fenêtre trilobée, elle est décorée d’un réseau de délicates nervures qui dessinent arabesques et accolades dans le goût flamboyant.