Fontaine des Haudriettes

La fontaine des Haudriettes a été construite en 1764 par l’architecte Pierre-Louis Moreau-Desproux, maître général des Bâtiments de la ville de Paris, sur ordre du prévôt des marchands et aux frais du prince François de Rohan en remplacement de la fontaine Neuve qui datait de 1636. Cette fontaine devait suppléer à la fontaine du Chaume qui s’élevait à l’angle des rues du Chaume et de Paradis (actuelles rues des Archives et des Francs-Bourgeois), supprimée en 1706 par la construction de l’hôtel de Soubise et transformée en simple regard.

Le bâtiment du regard existe encore : c’est un joli petit édifice qui abrite aujourd’hui la boutique des Archives nationales. Primitivement adossée à l’immeuble d’encoignure, la fontaine, depuis l’élargissement des deux rues (1932-1934) se trouve isolée au carrefour. Cela fausse ses proportions et la fait paraître un peu lourde par rapport au frontispice central. Elle a plusieurs fois été restaurée, en particulier en 1836 par David et déplacée en 1933 par l’ingénieur LC Heckly pour élargir la rue. Originellement alimentée par les eaux de Belleville, la fontaine a ensuite distribué l’eau du canal Saint-Martin après qu’il a été creusé. Elle fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 24 mars 1925.

La fontaine des Haudriettes est une construction trapézoïdale, couronnée d’un attique arrondi sur les côtés. Au centre se trouve une grande table de pierre prévue pour une inscription qui n’a, semble-t-il, jamais été gravée, ou qui a disparu. De part et d’autre, des pilastres terminés par des consoles moulurées et ornées de coquilles, soutiennent un fronton droit. Le tout repose sur un socle décoré par le sculpteur Pierre-Philippe Mignot d’une jolie naïade, vue de dos, allongée au milieu de roseaux et accoudée sur une urne renversée.

A la base de l’édicule subsiste un mascaron en forme de tête de lion en bronze, au centre d’une rosace de pierre, d’où s’échappait l’eau. Le modèle en plâtre de la Naïade fut présenté au Salon de 1765 (n°222). C’est la dernière participation de Mignot au Salon de l’Académie royale.

Eglise Notre-Dame de l’Assomption

L’église Notre-Dame de l’Assomption, située place Maurice Barrès, est un édifice religieux construit entre 1670 et 1676. Désaffectée en 1884, l’église est aujourd’hui la principale église polonaise de Paris.

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En 1622, le cardinal de La Rochefoucauld transfère les Dames de l’Assomption rue Saint-Honoré dans une maison appartenant aux Jésuites. Elles la transforment en couvent et demandent à l’architecte, peintre et rival de Le Brun, Charles Errard de bâtir une chapelle. En tant que premier directeur de l’Académie de France à Rome, il doit régulièrement s’absenter et confie la gestion du chantier à Chéret, un maître entrepreneur. La première pierre est posée le 19 août 1670 et l’église est achevée en 1676. L’édifice s’inspire d’églises romaines dont hélas, le dessin ne fut pas mis à l’échelle. Le dôme, disproportionné par rapport au reste de l’édifice, est qualifié par les Parisiens, dès le XVIIIe siècle, de « sot dôme ». Les dames de la Cour se retiraient dans le couvent des Dames de l’Assomption sous l’Ancien Régime. Lors de la Révolution, les bâtiments conventuels du couvent sont en partie démolis ou aliénés. Il est un temps transformé en caserne pour les Cent-Suisses (1793). L’église est utilisée comme magasin de décors de théâtre. L’Empire en fit une église paroissiale en remplacement de la Madeleine dont elle reçoit le vocable. Après l’achèvement de la nouvelle église de la Madeleine en 1842, elle devient la chapelle des Catéchismes et reprend son ancien nom de l’Assomption. Depuis 1850, l’église est affectée aux catholiques polonais établis à Paris.

Pendant les années 1990-2000, un restaurant polonais, appartenant à la Mission catholique polonaise, était ouvert dans la crypte. Aujourd’hui, il est ouvert seulement sur réservations et pour des cérémonies familiales.

Jadis ouverte sur une cour et entourée des bâtiments conventuels, l’église se trouve aujourd’hui au carrefour entre la rue Saint-Honoré et la rue Cambon. L’édifice est composé d’une rotonde (24 mètres de diamètre) inscrite dans un bâtiment carré précédé d’un portique à l’antique. La façade orientée vers l’est, présente un portique hexastyle d’ordre corinthien surmonté d’un fronton triangulaire, qui accueillait, selon le témoignage de Blondel, un bas-relief de l’Assomption de la Vierge. L’ensemble de la façade est dominé par le dôme dont la couverture en ardoise est divisée par des nervures saillantes en plomb qui étaient autrefois dorées. Le haut tambour est décoré par une frise à guirlandes en relief. Dans sa partie inférieure sont percées les huit fenêtres qui éclairent la rotonde, alternant avec huit fausses fenêtres qui encadrent des niches, dépourvues de leurs statues.

A l’intérieur, le pourtour de la rotonde est divisé en huit travées, formées par un ordre géant de pilastres cannelés jumelés. Les pilastres corinthiens supportent un entablement à modillons enrichi d’une frise peinte imitant un revêtement en marbre vert. Au-dessus s’ouvrent les huit fenêtres du tambour. Un entablement à denticules, également orné par une frise en faux marbre, supporte la coupole à caissons octogonaux et carrés, avec au centre, une fresque peinte par Charles de La Fosse, décorateur du salon d’Hercule à Versailles, représentant l’Assomption de la Vierge.

L’église a accueilli quelques peintures du XVIIIe siècle provenant d’autres églises parisiennes. Le maître-autel est décoré d’une Annonciation de Joseph-Marie Vien (Salon de 1763) qui provient du couvent des Cordeliers.

Dans la chapelle de la Vierge, l’Adoration des Mages de Carle Van Loo (Salon de 1739) a été exécutée à l’origine pour la chapelle du couvent des Missions-Etrangères de la rue du Bac. Enfin, sous l’arcade de gauche, la Naissance de la Vierge de Joseph-Benoît Suvée (Salon de 1779) provient du prieuré du Temple.

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