Rue de la Paix, nombres impairs

23 : maison de mode de Caroline Reboux. Dès les années 1860, ses créations attirent l’attention de la princesse de Metternich, puis de l’impératrice Eugénie. Après avoir débuté dans un appartement rue Louis le Grand en 1865, elle ouvre un magasin 23 rue de la Paix où elle travailla jusqu’à sa mort en 1927. Ses créations mêlent la dentelle, le velours aux fleurs de tissu et aux fruits. Inventant des modèles uniques, comme les chapeaux Malborough ou les toquets Vigée-Lebrun, elle a aussi lancé la vogue des voilettes de couleur. Surnommée pendant plus de 50 ans « la reine des modistes », elle a lancé le chapeau cloche dans les années 1920. Parmi ses clientes, nous trouvons Marlène Dietrich, Elsa Triolet, Wallis Simpson-Warfield (future duchesse de Windsor), Elisabeth de Caraman-Chimay (comtesse Greffulhe) …

21 : En 1817, le musicien allemand N. Kaufmann, originaire de Dresde, faisait entendre ses inventions : le bellonéon, le cordaulodion, l’harmonicorde et l’automate-trompette à double son. En 1824, l’immeuble devint la maison Doucet, spécialisée dans la vente de lingerie pour hommes et de frivolités pour dames. Puis en 1875, elle devient la maison de couture Jacques Doucet. Ce dernier a influencé la mode féminine en retroussant les vêtements au-dessus des chevilles.

19 : boutique du joaillier Gustave Baugrand, protecteur de la comédienne Marie Delaporte et fournisseur de Napoléon III.

17 : Marie Antoine Carême y ouvre une confiserie-pâtisserie en 1830. En 1923, la boutique est transformée par l’architecte décorateur Louis Süe et ses associés, le peintre André Marie et le ferronnier d’art Richard Georges Desvallières pour la parfumerie d’Orsay.

15 : la maison de couture Leony Tafaré occupait vers 1910 toute une partie de l’immeuble, ainsi que celle d’Alphonsine. Quant au rez-de-chaussée on pouvait y acquérir les parfums de Guerlain.

13 : se trouve l’hôtel Westminster. Cet hôtel 4 étoiles a ouvert ses portes en 1905. Il s’étend sur 6 étages et fut entièrement rénové en 2012. Derrière la façade haussmannienne se cache un intérieur cosy et raffiné. Le restaurant Le Céladon, décoré dans un style Régence, est mené par le chef Christophe Moisand qui y propose une cuisine inventive et raffinée. Ses spécialités : le lièvre à la royale accompagné de betteraves cuisinées au vinaigre Azuki, le bœuf Herford Prime fumé au foin, le merlan et sa mousseline de ratte au curcuma. La pâtisserie, quant à elle, est confiée au chef Bryan Esposito. Le visiteur pourra aussi se détendre au Duke’s bar, dans l’un des fauteuils club en cuir, autour d’un cocktail ou d’un club sandwich.

11 : la maison Cartier, haut nom de la joaillerie s’y installe en 1899. Bien que ses consœurs soient parties pour la place Vendôme, elle maintient la rue de la Paix au premier rang du luxe parisien.

: se trouve la joaillerie Mellerio. La dynastie Mellerio, dont l’origine remonte au règne de Louis XIII, est la plus ancienne du quartier. Dès 1613, François Mellerio quitta la rue du Coq-Saint-Honoré pour la rue de la Paix. Les créations de cette maison recouvrent l’éventail varié des bijoux, pièces d’orfèvrerie religieuses, trophées, médailles, éventails et épées d’académiciens. Les archives de la famille conservent un acte signé par la reine Marie-Amélie, épouse de Louis-Philippe, qui « autorise le sieur Mellerio à prendre le titre de bijoutier de la Reine des Français et à en faire placer l’inscription au-devant de sa maison ». Entre 1932 et 1984, l’étage fut occupé par les studios Harcourt, le photographe des stars, qui remplaça la maison de couture Boué et Sœurs.

: Le couturier Charles Frederick Worth ouvrit sa maison de couture en 1858. Il créait des modèles personnalisés pour chaque cliente. De 1860 à 1864, Prosper Olivier Lissagaray donne des conférences scientifiques et littéraires à but non lucratif du genre des Entretiens et Lectures d’Albert le Roy. Réunions qui seront interdites par Victor Duruy, proche de Napoléon III.

5 : se trouve le Park Hyatt Paris Vendôme, hôtel 5 étoiles.  Il propose 153 chambres dont 43 suites élégantes et contemporaines réalisées par l’architecte Ed Tuttle. L’établissement propose des prestations haut de gamme pour se relaxer à tout moment de la journée comme le spa, un massage, la salle de fitness, le salon de coiffure de John Nollet ou les offres manucure de Kure Bazaar.

L’hôtel doit surtout sa réputation à ses restaurants dont le Pur dirigé par le Chef Jean-François Rouquette. Récompensé pour sa gastronomie française réputée dans le monde entier. En entrant dans le restaurant, les clients évoluent le long d’une cave de 6 m composée de grands crus. Le restaurant s’ouvre en une vaste rotonde péristyle. Sa spectaculaire cuisine ouverte permet aux convives de suivre les différentes étapes de préparation des mets. Reste à savourer l’une des spécialités du chef, dans une ambiance feutrée, entouré de dessins à l’encre de Chine sur parchemin signés Viswanadhan sur murs d’acajou : homard rouge accompagné de betteraves, groseilles, et vinaigrette acidulée au shiso, dos de cabillaud rôti avec céleri, salicorne et infusion au gingembre, canard croisé de Challand et ses aubergines laquées. Sa cuisine innovante fut récompensée d’une étoile par le guide Michelin et par l’édition 2017 de Gault & Millau.

Le gourmet peut également se tourner vers le restaurant Les orchidées, combinant espaces ouverts et colonnades. Cette salle réservée aux petits déjeuners et aux déjeuners s’inscrit sous une large verrière mettant en valeur des jardins à demi suspendus d’où jaillissent des dizaines d’orchidées immaculées. Sur le mur du fond on peut admirer un tableau de Sideo Fromboluti.

3 : La maison de haute couture Paquin s’installa en 1891.  A son apogée, elle comptait près de 2 700 employés avant de fermer définitivement ses portes en 1956. L’immeuble fut construit par l’architecte Paul Mesnard et le sculpteur Rouillière en 1854.

: Il y avait du beau linge à l’ouverture de la boutique Buccellati, le 8 juin 2016 : Clothilde Courau, Sandra Decaux, Malgosia Bela, Marc Lavoine et son épouse, Cecilia Bonstrom… Toutes ces étoiles ont trop brillé car elles attirèrent la convoitise. Le mardi 23 mai 2017, le bijoutier était victime d’un vol à main armé. Les malfaiteurs se sont emparés d’un butin estimé à 5 millions d’euros. Ils sont repartis tranquillement dans une Mégane équipée d’un gyrophare.

 

 

 

Rue de la Paix, nombres pairs

La rue de la Paix fait la jonction entre la place Vendôme et l’Opéra Garnier. Située dans un quartier prestigieux et aisé de la capitale, elle comprend surtout des maisons de haute joaillerie comme Cartier, Van Cleef & Arpels ou Mellerio, des magasins de luxe, des grands hôtels et palaces comme l’hôtel Westminster et le Park Hyatt. Sa situation lui valut d’être la rue la plus chère du jeu de société, Monopoly, et ce depuis sa conception en 1935. Réputation non usurpée car en 2017 le m² était estimé en moyenne à 14 077 euros.

rue paix1

Le décret du 19 février 1806 approuve l’ouverture de la rue de la Paix, entre la place Vendôme et le boulevard des Capucines, sous le nom de rue Napoléon. La rue prend son nom actuel le 30 mai 1814 pour célébrer la nouvelle paix négociée en Europe. Le couvent des Capucines doit donc être détruit. Or, certains personnages célèbres y furent enterrés ; parmi eux, on comptait François Michel Le Tellier de Louvois, Louise de Lorraine, veuve de Henri II, Gilbert Colbert de Saint-Pouange, la marquise de Pompadour et le duc de Créquy. Les ossements mis au jour sont transférés le 29 mars 1804 aux catacombes de Paris. La reine Louise de Lorraine, fondatrice du couvent, est déplacée au cimetière du Père-Lachaise en 1806, puis dans la basilique Saint-Denis en 1817. La rue est terminée sous le règne de Louis-Philippe. Le réaménagement du quartier de l’Opéra à partir de 1861 va faire de cette rue un lieu du commerce de luxe. Au XIXe siècle, elle devient le lieu de prédilection de l’élégance parisienne. Bien qu’elle s’anime dès la Restauration, son heure de gloire sonne principalement sous le Second Empire et la IIIe République, sous lesquels les commerces prodiguent à la société tout le nécessaire au luxe et à l’apparat. De nos jours, la rue de la Paix a un peu perdu de son prestige. Les grands couturiers n’y ont plus pignon sur rue depuis quelques décennies. Ils lui ont préféré d’autres lieux, comme la place des Victoires.

rue paix 1871 côté vendome

22 : en 1860 l’immeuble fut occupé par l’hôtel meublé des îles britanniques. En 1947, les lieux sont achetés par la maison Repetto, créée par Rosa Repetto, spécialiste des chaussons de danse. Elle y est toujours aujourd’hui.

20 : se trouvait le magasin de nouveautés A la belle anglaise ouvert en 1824. Magasin de mercerie bonneterie tenu par une Anglaise renommée pour sa beauté. L’immeuble devint ensuite l’hôtel meublé de Hollande, puis la maison de parfums Isabey en 1920 puis Richard Hudnut.

: L’immeuble date de 1867. Sous le règne de Louis-Philippe et le Second Empire, il fut un hôtel meublé et le magasin de l’éditeur Amyot. En 1927, le parfumeur Roger & Gallet fit édifier sa devanture en Lap (ciment alumineux).

: L’orfèvre Louis Aucoc ouvre sa boutique en 1821. Aucoc fut l’apprenti de René Lalique de 1874 à 1876. La boutique est mentionnée dans La Dame aux Camélias d’Alexandre Dumas fils. L’étage fut occupé par la maison de couture Magdeleine des Hayes au début du XXe siècle.

4 : L’immeuble fut construit par l’architecte Pierre Manguin vers 1860. Les voluptueuses cariatides sont l’œuvre du sculpteur Aimé-Jules Dalou. Dans une biographie sur l’artiste écrite par Maurice Dreyfous, on apprend que ce dernier détestait cette œuvre de jeunesse : « il ne passait plus jamais rue de la Paix, par crainte de revoir ces deux enfants de sa prime jeunesse. Jamais il n’en soufflait mot à personne ; ses élèves n’en soupçonnaient point l’existence. Un jour pourtant, rentrant à l’atelier, il raconta comme un accident désagréable que, par la maladresse innocente d’un cocher, il s’était trouvé en face d’eux : ce n’est pas bon ! c’est même trop mauvais ». L’architecte décorateur Louis Süe réalisa avec André Mare le magasin du joaillier-orfèvre Robert Linzeler en 1923. Aujourd’hui il abrite les bureaux de la maison de vente aux enchères britannique Bonhams. C’est la 3e plus grosse maison après Sotheby’s et Christie’s. Bonhams a été fondé en 1793 lorsque Thomas Dodd, un marchand de gravures anciennes, et Walter Bonham, un spécialiste du livre, se sont associés. La société se développe dans les années 1850, elle propose à la vente toutes sortes d’antiquités incluant la joaillerie, la porcelaine, le mobilier, les armes ainsi que les vins. Après la Seconde Guerre mondiale, au début des années 1950, la famille Bonham achète un terrain à Knightsbridge, un quartier de luxe du centre de Londres, et fait construire une salle des ventes sur Montpelier Street. En 2000, Bonhams devient Bonhams & Brooks lorsque Robert Brooks et sa maison de ventes achète Bonhams. Brooks Auction avait été fondée en 1989 par cet ancien directeur du département d’automobiles de Christie’s et sa maison s’était spécialisée dans la vente de voitures de collection. En 2001, Bonhams & Brooks fusionne avec Philipps Son & Neale pour former une société anglaise qui porterait dorénavant le nom de Bonhams. L’année suivante, le groupe rachète Butterfield, la plus grande maison de ventes de la côte Ouest des Etats-Unis. La société s’agrandit en Europe avec l’ouverture d’un bureau à Paris en juin 2005, avec comme commissaire-priseur habilité maître Giuseppi. Cette même année, le groupe lance un magazine trimestriel axé sur l’art. En 2013, Bonhams employait 800 personnes et avait réalisé un chiffre d’affaire de 947 millions de dollars.

: Le vendredi 4 octobre 2013, la bijouterie Vacheron Constantin s’est fait dérober pour 1,1 millions d’euros de bijoux. En fin de matinée, deux hommes vêtus en costume entrent dans la bijouterie, spécialisée dans les montres de luxe et mettent en joue le personnel. Ils sont rejoints par une dizaine d’individus munies de masses, de battes de baseball et de haches. Ils explosent les vitrines avant de s’emparer de leur butin. Lors de cette action, une vendeuse est légèrement blessée par les éclats de verre. Pour couvrir leur fuite, les malfaiteurs projettent des fumigènes et jettent le matériel, gants et massues dans des poubelles. Deux d’entre eux, âgés de 17 et 24 ans, de nationalité roumaine et moldave, ont été interpellés peu après par la BAC. La brigade de répression du banditisme s’est saisie de l’affaire. Les malfaiteurs ont été placés mercredi en détention provisoire. Les cinq hommes appréhendés ont été mis en examen pour « vol avec arme en bande organisée et association de malfaiteurs en vue de commettre un crime ».

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