Place de la République

La place s’étend sur 3,4 ha et se situe à la limite de trois arrondissements (3, 10 et 11).

Première place

Dans les années 1670-1680 ; l’enceinte de Charles V, bâtie au XIVe siècle, est rasée et un cours est aménagé à son emplacement. Une petite place triangulaire est conçue à l’emplacement du bastion de la porte du Temple. La place était située légèrement plus à l’ouest que la place actuelle. Elle était située au-dessus de la rue des Fossés-Saint-Martin (actuelle rue René-Boulanger) ; cette rue marque ainsi la limite nord-ouest de l’ancienne place. Ce n’est à l’origine qu’une partie du boulevard Saint-Martin, mais elle prend en 1879 le nom de « place du Château-d’Eau » en référence à une fontaine dite du Château-d’Eau, dessinée par Girard et installée sur la place en 1811.

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Deuxième place

La place prend sa physionomie actuelle dans le cadre des transformations de Paris sous le second Empire. En 1855 est déclarée d’utilité publique la construction d’une caserne en arrière du château d’eau. La caserne du Prince-Eugène, plus tard nommée « caserne du Château-d’Eau », puis « caserne Vérines », est érigée par A. Legrom à l’emplacement de l’ancien Vauxhall d’été et du diorama de Louis Daguerre où Jacques Daguerre, l’un des inventeurs de la photographie, donnait des représentations de quinze minutes. Prévue à l’origine pour 3 200 hommes, la caserne est alors l’équipement le plus vase de la ville avec une superficie équivalente à celle de l’hôtel de Ville. Elle est construite pour rassembler des troupes alors éparpillées dans la capitale mais aussi à pouvoir, si nécessaire, rapidement encercler le faubourg Saint-Antoine. En 1856, un décret prévoit le réaménagement des abords de la caserne. Par la suite, plusieurs boulevards sont projetés : percement du boulevard du Prince-Eugène (actuel boulevard Voltaire) et de l’amorce de l’actuelle avenue de la République, déclarés d’utilité publique en 1857, et prolongement du boulevard du Nord (actuel boulevard de Magenta) entre la rue du Faubourg-Saint-Martin et le château d’eau, déclaré d’utilité publique en 1859.

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Les travaux haussmanniens

Le dégagement de la place est déclaré d’utilité publique en 1865. L’administration du baron Haussmann aménage une grande place rectangulaire de 280 m x 120 m. Une grande partie des théâtres du boulevard du Temple sont alors rasés. Un emplacement pour la construction d’un orphéon municipal est alors réservé, mais il ne verra jamais le jour. En 1866, Gabriel Davioud, architecte de la ville, construit sur tout le côté nord de la place les Magasins réunis. Il dresse aussi en 1867 une seconde fontaine, de 25 mètres de diamètre et ornée de huit lions de bronze ; celle de Girard ayant été jugée insuffisante est remontée dans la cour d’entrée du marché-abattoir de La Villette (actuelle place de la Fontaine-aux-Lions) pour servir d’abreuvoir pour le bétail. La place prend son nom actuel en 1879.

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Monument de la République

La même année, la ville de Paris lance un concours pour la glorification de « la » République sans numéro, une et indivisible. Le monument élu se dressera place du Château-d’Eau ; elle a battu sur le fil celles des Tuileries, de la Concorde et de l’Hôtel de Ville. Une maquette l’emporte sur les autres, celle des frères Morice : Léopold pour la statuaire et Charles pour le soubassement. L’intégralité des fontes en bronze sont réalisés par la fonderie d’art Thiébaut et Fils. Deux cérémonies d’inauguration ont lieu, le 14 juillet 1880 avec le modèle en plâtre et le 14 juillet 1883 avec la version définitive en bronze. La fontaine de Davioud est chassée et exilée en 1880, place Daumesnil (actuelle place Félix-Eboué), dans le 12e arrondissement.

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Mais sans ses lions qui lui sont confisquées pour orner le nouveau piédestal. Juchée sur un socle de pierre de 15,5 mètres de haut, la statue colossale en bronze de Marianne mesure elle-même 9,50 mètres de haut.

Elle est représentée debout, vêtue d’une toge et ceinte d’un baudrier sur lequel est fixée une épée. Elle est coiffée à la fois du bonnet phrygien, symbole de liberté, et d’une couronne de laurier. Dans sa main droite, la statue brandit un rameau d’olivier, symbole de paix. Sa main gauche repose sur une tablette portant l’inscription « Droits de l’Homme ». Le piédestal est constitué de deux parties cylindriques distinctes : une partie inférieure, d’environ 4 mètres de haut et plus large, et une partie supérieure, plus étroite mais plus haute. Cette colonne, qui sert directement de piédestal à la République, est ornée sous les pieds de celle-ci, successivement, d’une guirlande de bronze qui en fait le tour, des armoiries de Paris et de l’inscription « A la gloire de la République Française – la ville de Paris – 1883 ».

Plus bas, tout aussi chargées en symboles, trois grandes allégories, en forme de jeunes femmes sont adossées au piédestal. Non plus en bronze mais en pierre, non plus debout mais assises, elles représentent la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité. La première, combative, est reconnaissable au flambeau qu’elle tient de la main gauche (à l’inverse de sa célèbre sœur signée Bartholdi). Sa main droite est posée sur son genou, tenant une chaîne brisée. En arrière-plan, un chêne est sculpté en relief dans la colonne. La deuxième, déterminée, tient sur son genou un archi-pendule (niveau pour vérifier l’horizontalité), symbole d’égalité. Elle tient dans sa main droite, le drapeau de la République, dont la hampe est marquée des initiales « RF ». La troisième, sereine, couve deux enfants lisant un livre, d’un œil bienveillant, symbole de fraternité. Les enfants symbolisent la Connaissance. Une gerbe de blé et un bouquet évoquent l’abondance.

Deux médaillons marqués « Labor » (le travail) et « Pax » (la paix), ornés de faisceaux de licteur, se trouvent respectivement entre la Liberté et la Fraternité, et entre la Fraternité et l’Egalité.

Plus bas encore, à hauteur de regard, Morice a réalisé douze reliefs en bronze qui font tout le tour du socle. Chacun évoque un événement clé de l’histoire de la République : le Serment du Jeu de Paume (20 juin 1789), la Prise de la Bastille (14 juillet 1789), la Nuit du 4 août 1789, la Fête de la Fédération (14 juillet 1790), la Proclamation de la Patrie en danger (11 juillet 1792), la Bataille de Valmy (20 septembre 1792), la Proclamation de l’abolition de la royauté (21 septembre 1792), la Bataille du 13 prairial an II (1er juin 1794), les Trois Glorieuses (29 juillet 1830), l’Institution du suffrage universel (5 mars 1848), la Proclamation de la République (4 septembre 1870) et la première Fête nationale (14 juillet 1880). La place prend alors la configuration qu’elle aura jusque dans les années 2010 avec deux terre-pleins centraux.

Les aménagements de 2010

Une longue concertation s’est déroulée, à partir de décembre 2008, pour le réaménagement de la place de la République. Le lauréat du concours organisé par la ville de Paris a été désigné le 21 janvier 2010 : l’équipe Trévélo & Viger-kohler (TVK) a proposé, conformément à des suggestions faites au cours de la concertation, de reporter l’ensemble de la circulation, dans les deux sens, sur le seul côté ouest de la place et de créer un grand espace piétonnier au centre de celle-ci, englobant la statue et s’étendant aux bâtiments du côté est. Les 225 premiers mètres de la rue sont, comme cette place, piétonnisés jusqu’au croisement du quai de Valmy et du boulevard Jules-Ferry. Cette proposition a donné lieu de de vives controverses et à des prises de positions opposées, les unes pour s’en féliciter, les autres pour craindre les effets sur la circulation parisienne, ou la destruction d’éléments patrimoniaux historiques comme les fontaines des Dauphins (dont les bronzes ont cependant été mis de côté et devraient être déplacés en bas de l’avenue des Champs-Elysées, non loin de la statue de Georges Clémenceau, et l’adjonction d’un bassin moderne ceignant la base du monument. Après des travaux préparatoires qui ont débuté en juillet 2011, les travaux d’aménagement de la place ont débuté en janvier 2012 et l’inauguration a eu lieu le 16 juin 2013. En février 2013, la mairie annonce que l’espace sera loué 55 000 € annuels à quelques commerces, notamment un restaurant. Une vaste structure en verre abrite un café (détruit depuis par un incendie) côté nord sur ce qui était un jardin avec plan d’eau. Le 1er juillet 2013 sont inaugurés la terrasse Emilienne-Moreau-Evrard, l’esplanade André-Tollet et la terrasse du Commandant-Jacques-Blasquez, en hommage à leurs actes de résistance durant la Seconde Guerre mondiale. Le 3 octobre 2016, sont installés des modules dédiés à la pratique du skateboard qui s’intègrent à la place, pour une durée indéterminée. Ce projet est initié par la marque Volcom.

Place des manifestations

La place de la République est un des lieux de passage obligé de nombreux grands cortèges du Carnaval de Paris au XIXe siècle. En mars 1895, on pouvait lire dans le compte-rendu du défilé de la mi-carême paru dans le Journal des débats : « Vers trois heures, la cavalcade s’avançait lentement, bombardée de confettis ; elle ne ripostait plus, les munitions étant épuisées. Place de la République, elle s’arrête. Elle n’aurait, d’ailleurs, pu aller plus loin avant que les gardes républicains eussent, avec des précautions infinies (on admire toujours la patience des hommes et celle des chevaux) fait reculer de quelques mètres la masse énorme des curieux. Sur aucun point l’affluence ne fut plus considérable. La statue gigantesque de la République, devant laquelle les musiques jouaient La Marseillaise, a été prise d’assaut par des curieux. Ces impudents se sont juchés non seulement sur le piédestal, mais sur les bras, sur la tête de la République. Ils sont là comme des grappes vivantes qu’une poussée peut détacher. Sur les balcons, sur les toits, la houle humaine se déploie. Les terrasses des cafés offrent un curieux spectacle : les tables aussi bien que les chaises servent d’observatoires aux consommateurs, dont la plupart ne consomment pas. Des bousculades se produisent ; on entend des bruits de verres cassés, de chaises défoncées… Au demeurant, pas d’accident sérieux. Aux fenêtres de la caserne du Château-d’Eau les soldats se disputent pour voir ». A partir de 1926 et au moins jusqu’en 1937, la caserne de la garde est le lieu de départ chaque année, de la course de marche à pied de Paris à Strasbourg, qui réunissait parmi les meilleurs marcheurs de fond de l’époque.

Le Paris-Strasbourg à la marche (1926-1937) est une épreuve de marche de fond de plus de 500 km, qui s’effectuait à l’allure de marche rapide sportive ou de marche athlétique. Le départ de la course avait généralement lieu place de la République à Paris à la caserne de la garde républicaine, et l’arrivée sur la place Kléber de Strasbourg. L’épreuve a été créée en 1926 à l’initiative d’Emile Anthoine, champion athlétique et dirigeant sportif. Cette compétition extrême, unique au monde, consistait à parcourir plus de 500 km en continu, de jour et de nuit, sans repos ni étapes obligatoires. Les abandons furent nombreux. En 1926, malgré huit jours accordés alors, seule une partie des marcheurs arriveront à Strasbourg. Les premiers vainqueurs l’effectueront en un peu plus de trois jours. Cette compétition était alors sur la distance, dans les années 1920, en tant que course extrême, la première grande course pédestre de grand fond dûment contrôlée. Après une interruption de onze ans, l’épreuve dû faire face à l’hégémonie de l’automobile sur les routes et aux difficultés de régulation de la circulation. Elle perdit progressivement de son aura. Elle se transforma avec notamment l’instauration d’étapes de repos obligatoires, et eu lieu de Strasbourg à Paris, puis transitoirement à nouveau vers Strasbourg. L’épreuve Paris-Colmar à la marche lui succédera en 1981.

Sous l’Occupation, les Allemands ont utilisé la caserne pour loger leurs propres troupes. Lors des combats de la Libération de Paris, elle est au soir du 25 août 1944, le dernier bastion allemand qui, à 19h25, se rend aux résistants et aux soldats de la 2e DB qui en font le siège depuis le début de l’après-midi. Parfois, en raison de son nom et de la symbolique qui lui est liée, mais surtout à cause de son accessibilité et de sa localisation au carrefour de grandes avenues, c’est un des lieux habituels des manifestations parisiennes, le plus souvent à l’initiative des organisations politiques de gauche ou des organismes syndicales. Mais la place de la République a aussi été le cadre choisi en 1958 par le général De Gaulle pour une manifestation, le 4 septembre, en faveur du « Oui » au référendum instituant la Constitution de la Cinquième République ou, le 11 janvier 2015, pour le départ de la marche républicaine destinée à rendre hommage aux victimes décédées dans les attentats et prises d’otages des jours précédents et à s’opposer au terrorisme. La place de la République redevient un lieu de recueillement, à la suite des attentats du 13 novembre 2015. Le 6 janvier 2016, un chêne chevelu est planté à l’angle du boulevard Magenta en mémoire des victimes des attentats terroristes de 2015. A partir du 31 mars 2016, suite aux manifestations de ce jour en opposition à la loi El Khomri, la place de la République devient le lieu de rendez-vous de manifestations quotidiennes régulières baptisées Nuit debout.

La place Dauphine

La place Dauphine est la seconde place royale parisienne du XVIIe siècle, après la place des Vosges. Elle se situe à l’ouest de l’île de la Cité, près du Palais de Justice.

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Trois îlots alluvionnaires sont rattachés à l’île de la Cité avec la construction du Pont-Neuf entre 1578 et 1607. Le pont est majestueux sauf qu’en face de lui s’offre un verger, rien de bien glorieux. Ayant entrepris la construction de la place Royale (l’actuelle place des Vosges) deux ans auparavant, il décide de faire édifier une place similaire à la pointe de l’île de la Cité. Le jardin du baillage et la maison des Etuves du Palais sont rasés. Par un bail à cens et à rentes du 10 mars 1607, Henri IV fait don au premier président du Parlement, Achille de Harlay, des terrains formant l’extrémité occidentale de l’île, en récompense de ses loyaux services pendant la Ligue. Cadeau empoisonné car l’homme est chargé (à ses frais) d’édifier une place royale bordés de bâtiments à l’architecture définie : des maisons comprenant deux étages, un attique avec des lucarnes, et un rez-de-chaussée à arcades abritant des commerces. Les travaux débutèrent en mai 1607 sur une superficie de 3 120 toises (environ 11 000 m²).Respectant son contrat, Achille de Harlay fit bâtir 32 maisons identiques en chaînage de pierre blanche, briques et combles en ardoise, autour d’une place fermée.  La place royale fut inaugurée par le roi Henri IV en 1619 et fut baptisée place Dauphine, en l’honneur de la naissance du Dauphin en 1601, le futur Louis XIII. Harlay est le propriétaire des lieux mais il n’a pas le droit de choisir le nom. Seules deux ouvertures permettaient l’accès à la place, une à la pointe occidentale vers le pont et surtout la statue du roi, et une autre vers le Palais.

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Les commerces étaient réservés aux banquiers et changeurs. Grâce à sa proximité avec le palais du Louvre, la place attira rapidement orfèvres, lunetiers et graveurs. Hélas, l’absence de règlement urbanistique laissa libre cours à la créativité des propriétaires successifs. La place Dauphine perdit son uniformité au XVIIIe siècle. L’architecte Germain Boffrand suggéra en 1748 de raser la place Dauphine pour ériger une nouvelle place semi-circulaire en l’honneur de Louis XV. Celle-ci aurait reçu en son centre un arc de triomphe, bordé tout autour d’une alternance de colonnes et de pilastres corinthiens. Au fond, une colonne, genre Trajane, surmontée d’une statue pédestre du roi.

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Entre 1792 et 1814, la place fut rebaptisée « place de Thionville » en l’honneur de la résistance héroïque des habitants et de la garnison de Thionville contre l’armée prussienne en 1792. La fontaine Desaix s’y dressait entre 1803 et 1874, en l’honneur du général Desaix, mort à la bataille de Marengo en 1800. Dans sa campagne de grands travaux, le baron Haussmann envisagea de transformer la place en square entouré de bâtiments à l’antique. Il renonça à son projet en apprenant que les propriétaires de maisons étaient majoritairement des magistrats et avocats (difficile d’expropriés ces gens sans risquer un procès). En 1874, Viollet-le-Duc fit démolir le côté pair de la rue De Harlay (soit la base du triangle de la place) afin de dégager la façade arrière du Palais de Justice. La place perdit ainsi son caractère clos. Des marronniers furent implantés au centre, brisant la vue que le roi Henri IV voulait harmonieuse et lumineuse. Des 32 maisons originelles ne subsistent que deux pavillons d’angle, situés sur le pont. Les autres bâtiments furent surélevés, démolis, reconstruits différemment. Les arcades survivantes abritent de nos jours de nombreuses galeries d’art et de petits restaurants.

Jusqu’à la Révolution, la place accueillait le Salon de la jeunesse, le jour de la Fête-Dieu, permettant à des peintres non-inscrits à l’Académie d’exposer leurs œuvres. La place est mentionnée dans La Main enchantée de Gérard de Nerval, dans Les dieux ont soif d’Anatole France, dans Nadja d’André Breton, et dans Kaputt de Curzio Malaparte. André Breton cataloguera la place Dauphine comme sexe de Paris dans son œuvre la Clé des champs, en raison de sa forme triangulaire. Côté musique, Jacques Dutronc cite la place dans Il est cinq heures, Paris s’éveille, ainsi qu’Yves Simon dans Nous nous sommes tant aimés. La place Dauphine servit également de lieu de tournage pour de nombreux films et séries. Pour information, les comédiens Simone Signoret et Yves Montant vécurent au n°15. La maison d’édition de Madame Jeanne Mayer-Odin occupait un appartement du n°24. Au n°26 se trouvait le bûcher qui vit périr Jacques de Molay le 11 ou 18 mars 1314. Le comédien français André Antoine, fondateur du Théâtre-Libre, habita au n°28 de 1912 à 1934. La papeterie Gaubert, située au rez-de-chaussée de l’immeuble, vit le jour en 1830.

Place du Caire

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Il faut rejoindre la place pour trouver une évocation plus directe des fastes de l’Egypte. Les commerçants du passage eurent l’idée de demander en 1799 à l’architecte Prétrel de parer l’entrée de la place d’un amusant pastiche mêlant égyptomanie (colonnes à chapiteaux lotiformes, masques de la déesse Hathor, motifs hiéroglyphiques) et répertoire néo-gothique.

Dans la corniche, on distingue un insolite profil agrémenté d’un nez gigantesque ; il s’agit d’un portrait de Bouginier, peintre fréquentant l’atelier de Gros, dont le nez phénoménal fut caricaturé par ses amis sur de nombreux murs parisiens.

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Au centre de la place est visible d’une statue réalisée par Olivier Brice, « l’Homme au bras levé ».

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Place Vendôme

Typique de l’urbanisme classique français, la place Vendôme est la place parisienne la plus célèbre et elle est considérée comme l’une des plus luxueuse du monde. Une grande partie des façades est classée aux Monuments historiques. En son centre, se trouve la colonne Vendôme édifiée en 1810. Avant de devenir un lieu central pour la joaillerie de luxe, la place Vendôme est, avec la rue de la Paix, l’épicentre de l’élégance parisienne durant un demi-siècle avec ses modistes et ses couturiers.

Le projet de 1685

Au milieu du XVIIe siècle, la rue saint-Honoré était le grand axe de circulation est-ouest. Dans la partie qui avoisinait le jardin des Tuileries, elle était peuplée de couvents et d’églises. S’y trouvaient de nombreux terrains maraîchers offrant de belles perspectives immobilières. Par l’intermédiaire de Louvois, Jules Hardouin-Mansart parvint à convaincre Louis XIV qu’une place créée dans l’espace occupé par l’hôtel de Vendôme et ses jardins serait « grande commodité pour la circulation » et pourrait devenir pour Paris un « grand ornement ». En 1685, le roi acquiert donc l’hôtel, mais, comme il était insuffisant, malgré ses dépendances vastes, pour établir la place projetée, il expropria le couvent des Capucines en promettant à la communauté religieuse de lui construire un autre couvent à l’emplacement d’un marché aux chevaux qui n’aurait plus rien à faire dans ce quartier aristocratique. Les religieuses bénéficièrent de locaux et de jardins délimités sur deux côtés par les actuels boulevard et rue des Capucines.

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Les architectes Jules Hardouin-Mansart et Germain Boffrand proposèrent de construire une vaste place rectangulaire, ouverte sur la rue Saint-Honoré et bordée de vastes bâtiments publics (Académies, Bibliothèque royale, hôtel de la Monnaie, appartements pour les ambassadeurs extraordinaires). Au nord, les bâtiments s’ouvraient en arc de triomphe sur la façade de la nouvelle église des Capucines, reconstruite en 1688. Des arcades couraient au rez-de-chaussée comme sur la place Royale (l’actuelle place des Vosges). Un ordre colossal de pilastres régnait jusqu’au bandeau des toitures. « Les façades qui doivent faire l’ornement de ladite place seront élevées suivant et conformément aux dessins et devis que Sa Majesté en fera dresser. Les propriétaires pourront acheter autant de front qu’ils le désireront pourvu qu’ils ne demandent pas moins de deux arcades ». Il était convenu que le roi prendrait à sa charge la seule élévation des façades qui assureraient l’unité monumentale, tandis que les terrains qui se trouvaient derrière devaient être vendus à des particuliers, prenant à leur charge les frais de construction de leurs hôtels. Lorsque les traités de Ryswick furent signés les 20-21 septembre 1697, les finances du royaume de France étaient au plus bas. La Cour du roi Soleil entra dans une période d’austérité sous la vigilance influente de Mme de Maintenon. Le roi renonça aux édifices publics prévus. Il fit modifier le dessin de la place car il constata, bien que les façades soient déjà construites, que leur superficie et leur disposition ne correspondaient pas à un usage d’habitation. On n’avait surtout pas reçu la moindre offre d’achat. La place prend alors le nom de place des Conquêtes.

Au milieu de la place fut érigée une statue équestre en bronze de Louis XIV, commandée par Louvois au sculpteur François Girardon. L’artiste dut s’appliquer à respecter l’échelle de la place. Le roi est représenté à cheval, portant la cuirasse et le manteau des empereurs romains, le bras tendu dans un geste d’autorité. L’ouvrage fut inauguré en grande pompe en 1699. Mansart avait dessiné un imposant piédestal enrichi de colonnes et de statues que le roi refusa. L’œuvre de Girardon sera détruite en 1792. Les débris seront éparpillés et détruits ; seul le pied gauche du roi échappera à la fonte. Il est conservé dans les collections du musée Carnavalet.

Le projet de 1699

Hardouin-Mansart dut établir un plan restrictif, moins lourd pour les finances royales. En 1699, le roi décide de vendre le terrain à la ville de Paris. Les façades, qui avaient été construite pour l’inauguration, sont démolies afin de réduire l’emprise de la place d’une vingtaine de mètres de chaque côté.

La nouvelle place est entourée d’hôtels particuliers derrières les façades uniformes, dessinées par Jules Hardouin-Mansart. L’ordonnance se prolongeait sur ses retours vers la rue Saint-Honoré et la rue des Capucines afin de faire adhérer l’ensemble à la partie visible de ses liens avec la ville et de lui éviter la disgrâce de prolongements déséquilibrés. Des pans carrés étaient tracés aux quatre angles accroissant la surface d’occupation des bâtiments. La place passait de carrée à octogonale (146 mètres de long sur 136 mètres de large). Derrière les façades uniformes, achevées vers 1720, s’élèvent des hôtels particuliers luxueux : ceux des financiers Crozat, celui du fermier général Lhuillier, de John Law, ou celui de l’architecte Hardouin-Mansart. La place sera seulement traversée par un axe nord-sud reliant le couvent des Capucines à celui des Feuillants. Il s’agit d’une place fermée dans la tradition des places royales.

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Le rez-de-chaussée à refends est percé de grandes baies en plein cintre surmontées de mascarons ; il est dépourvu d’arcades conformément à sa vocation d’immeubles d’habitation. Les deux étages inégaux sont réunis par des pilastres corinthiens et les nouveaux bâtiments sont couverts d’un toit brisé dont les combles sont percés d’une alternance d’œils-de-bœuf et de lucarnes. Les œils-de-bœuf ont pour la plupart été remplacés par des lucarnes au XIXe siècle. Chaque fenêtre du premier étage est ornée d’une balustrade en fer forgé où s’inscrit un soleil d’or. Au centre des grands côtés, un avant-corps en double saillie reprend les mêmes dispositions sauf que quatre colonnes engagées soutiennent un fronton triangulaire orné des armes royales de France. Au niveau des pans coupés, les colonnes d’angle sont remplacées par de simples pilastres. La place est rebaptisée place Louis le Grand (nom qu’elle gardera jusqu’à la Révolution).

Sous la Révolution

La statue est détruite le 12 août 1792 en tant que symbole du pouvoir royal. Dans sa chute, elle écrasa la citoyenne Rose Violet, vendeuse à la criée de l’Ami du peuple, qui avait montré trop de zèle contemplatif. A sa place, une statue de la Liberté est dressée. De 1793 à 1799, elle prit le nom de place des Piques.

Le 20 janvier 1793, le député Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau est assassiné après avoir voté la mort du roi de France. Son corps nu et sanglant, simplement recouvert d’un drap laissant apparaître la plaie, est posé sur le socle de l’ancienne statue, dans un grand appareillage néo-antique signé David. L’église des Capucines devint une fabrique d’assignats.

L’Empire et suite

Les bâtiments de la place n’avaient que peu souffert des affres de la Révolution, du moins à l’extérieur. Toutefois, l’Empire détruisit ses perspectives. En 1802, Napoléon 1er décide de relier la nouvelle rue de Rivoli aux boulevards. Il fait donc démolir le couvent des Feuillants et l’église des Capucines, et percer les rues de Castiglione et de la Paix (1806). La place prend le nom de place Vendôme, en souvenir de l’ancien hôtel de Vendôme qui s’y trouvait. Les rapports d’harmonie furent rompus par l’érection de la « colonne d’Austerlitz » (44 mètres de hauteur tandis que la statue de Louis XIV n’en faisait que 6).

L’empereur fait dresser en 1810 une colonne en bronze, inspirée de la colonne Trajane à Rome. Au sommet se dresse une statue de Napoléon 1er en empereur romain. Celle-ci est descendue en 1814 et fondue en 1818. Sous la monarchie de Juillet, une nouvelle statue de l’empereur, en petit caporal, est place au sommet de la colonne. En 1863, la statue de Chaudet est remplacée par une copie, réalisée par le sculpteur Dumont, à la demande de Napoléon III. Sous la Commune de Paris, la colonne est mise à bas, sur les ordres du peintre Courbet, le 16 mai 1871, et la place prend le nom de place Internationale. Le nouveau président de la République, le maréchal Mac-Mahon, décide en mai 1873, de faire reconstruire la colonne Vendôme aux frais de Courbet. La reconstruction du monument est effectuée entre 1873 et 1875. Ce dernier étant toujours visible actuellement.

Si autrefois la place fait la part belle aux automobiles, aujourd’hui elle est rendue aux piétons.

Place des Victoires

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La place des Victoires se situe à cheval sur les 1er et 2e arrondissements. Elle forme un cercle de 80 mètres de diamètre et donne accès aux voies suivantes : rue Vide Gousset, rue d’Aboukir, rue Etienne Marcel, Rue Croix des Petits-Champs, rue Catinat et rue La Feuillade. Dédiée à Louis XIV, elle est une des cinq places royales parisiennes.

Naissance d’une place royale

Deux théories s’opposent sur l’origine de la création de la place. Certains auteurs l’attribuent au maréchal de La Feuillade, François d’Aubusson, d’autres aux Bâtiments du roi. Toutefois, dans le but d’ériger une statue à la gloire du souverain Louis XIV, La Feuillade achète l’hôtel de La Ferté-Senneterre en 1683 et le fait démolir. Les terrains voisins sont expropriés en mars 1685 par Jean-Baptiste Prédot afin d’agrandir la parcelle. La statue est inaugurée en 1686. Le plan urbanistique est confié à l’architecte Jules Hardouin-Mansart et ses caractéristiques consignés dans un arrêt du Conseil du Roi du 28 août 1685. Sauf que le projet initial était légèrement différent de celui réalisé. La place n’était pas circulaire ; sur une partie, le cercle était coupé par la rue des Fossés Montmartre (l’actuelle rue d’Aboukir).

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La place, avec la statue, est inaugurée le 28 mars 1686. Les immeubles n’étant pas achevés, ceux manquants sont remplacés par de grandes toiles peintes en trompe-l’œil. Trois voies de circulation conduisent à la place : la rue des Fossés-Montmartre (actuelle rue d’Aboukir), la rue La Feuillade et la rue Croix-des-Petits-Champs. Aucune de ses trois rues n’étant dans le prolongement l’une de l’autre, toutes les perspectives aboutissaient à la statue du roi, dans un espace fermé par les constructions. C’est l’archétype de la place royale, conçue comme une salle de plein air, destinée avant tout à mettre en évidence le symbole de la monarchie. Hélas, la percée de la rue de La Vrillère (l’actuelle rue Catinat) rompt la perspective.

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L’ordonnance des façades était strictement réglementée : un rez-de-chaussée percé de grandes arcades, deux étages inégaux reliés par des pilastres ioniques et un attique mansardé dont les chiens-assis sont alternativement semi-circulaires et horizontaux. Les façades des bâtiments sont construites entre 1687 et 1690 par Predot. Afin de témoigner de sa satisfaction, Louis XIV fit cadeau au maréchal d’un million de livres, sachant qu’il en avait dépensé sept pour construire la place et la statue (l’homme finit sa vie quasiment ruiné). Aujourd’hui, des commerces de luxe ont remplacé les arcades. Au milieu du XIXe siècle, le percement de la rue Etienne Marcel achève la transformation de la place. Plus aucune symétrie ou logique géométrique régit le dessin de la place des Victoires. En 1946, R. Danis propose à la ville un plan de réaménagement qui ne fut jamais mis en œuvre.

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Quant à la statue, elle était l’œuvre du sculpteur hollandais Martin Desjardins et représentait Louis XIV en pied. Le roi portait le manteau de sacre, bien dégagé sur les jambes, piétinant un chien tricéphale, représentant la Quadruple-Alliance vaincue. Derrière lui, juchée sur une sphère, une Victoire ailée en bronze lui tendait une couronne de lauriers. La statue, mesurant 4,50 mètres, reposait sur un piédestal haut de sept mètres, orné de bas-reliefs évoquant les victoires récentes du souverain, commentées par des inscriptions latines. Au pied, quatre figures d’hommes robustes, en bronze, attachés au socle par des chaînes dorées, représentaient les « nations vaincues » à la paix de Nimègue (la Hollande, l’Allemagne, l’Espagne et la Turquie). Chaque personnage est l’allégorie d’un sentiment : la résignation, l’abattement, la révolte et l’espérance. L’Espagne est un jeune homme imberbe aux long cheveux fougueux. Le corps nu et redressé, le visage et le regard levé vers le ciel indiquent l’espoir. L’Empire est un vieillard barbu, vêtu d’une tunique antique. La tête baissée, son corps ploie sous un abattement résigné. La Hollande est un homme encore jeune, aux traits mâles et à la barbe courte. Le corps nu prêt à bondir, l’épaule ramenée en avant dans une attitude de défi et le visage farouche, il se rebelle. Le Brandebourg est un homme mûr, vêtu comme un barbare antique. La main étreignant le manteau, l’épaule droite affaissée, le visage contracté, expriment la douleur. La Feuillade fit ajouter des trophées afin de renforcer le sentiment de triomphe : casques, boucliers, enseignes, faisceaux, hallebardes, avirons… Ces éléments sont aujourd’hui exposés dans la cour Puget du musée du Louvre. L’ensemble mesurait 12 mètres de hauteur. Les architectes Jérôme Derbais, Dezaige et Jesseaume, sur un dessin de Jean Berain, édifièrent quatre fanaux, situés aux quatre coins de la place. Ils y brûlaient en permanence afin d’éclairer la statue et d’accentuer le caractère sacré des lieu. Ces fanaux se constituaient de trois colonnes de marbre jaspé soutenant un gros fanal de marine, posé sur un socle de marbre rouge. Entre les colonnes, six médaillons en bronze, d’un diamètre de 77 cm, œuvres du sculpteur Jean Arnould, étaient suspendus. Rapidement les manifestations hyperboliques célébrant la gloire de Louis XIX paraissent exagérés. Les mots « Viro immortali » (A l’homme immortel), inscrits dans le marbre, sont vivement critiqués. Sous prétexte d’économie, les fanaux sont éteints en 1699 et démontés en 1718.

La Révolution

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En 1790, les effigies des Nations vaincues du socle sont jugées subversives en cette période de fraternité universelle. L’Assemblée nationale promulgue un décret le 20 juin 1790 exigeant que les quatre figures enchaînées aux pieds de la statue de Louis XV soient enlevées dans les plus brefs délais. L’Assemblée vient de sauver leurs têtes. Les bronzes sont déposés et transportés dans la cour du Louvre. Ils sont ensuite accrochés aux angles de la façade des Invalides, choix peu judicieux car ses statues étaient destinées à être observées depuis le sol. Les quatre hommes sont décrochés en 1962 et partent pour le parc des Sceaux. En 1991, ils sont rapatriés au musée du Louvre, dans l’actuelle cour Puget. Le 11 août 1792, la statue de Louis XIV est déboulonnée et fondue pour produire des canons. La place est rebaptisée, dès le lendemain, place des Victoires Nationales, et une pyramide en bois se dressa au centre, portant le nom des nouveaux départements français et des citoyens morts lors de la journée du 10 août 1792 (date de la chute de la monarchie). En septembre 1803, Bonaparte donne le bois de la pyramide à un corps de garde qui s’en sert pour se chauffer. 

Le Consulat

Le Consulat décide, dès le 25 novembre 1799, d’ériger une nouvelle statue sur la place des Victoires. Un premier projet, présenté en 1800, glorifiait Jean-Baptiste Kléber et Louis Charles Antoine Desaix, deux « héros » militaires. Le 27 septembre, le premier consul Bonaparte pose la première pierre d’un édicule en forme de temple égyptien. Le projet en reste là. Un décret de 1802 supprime Kléber de l’œuvre pour « raison artistique ». Une statue en bronze du général Desaix, tué à Marengo, est commandée au sculpteur Claude Dejoux. Elle doit reposer sur un piédestal mentionnant les batailles remportées par le général. Les plans sont confiés à l’architecte Jean-Arnaud Raymond. Un premier projet représentait Desaix mourant, soutenu par Mars, dieu de la Guerre, mais Bonaparte le refusa ; il voulait un guerrier debout et vaillant.

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Le monument final est inauguré, le 15 août 1810, par l’empereur Napoléon 1er, après dix ans de travail. La statue mesurait 5,50 mètres de hauteur et le piédestal six mètres de hauteur. Un obélisque en granit rose fut adjoint ultérieurement à la composition. Le général était représenté à l’antique, soit sous la forme d’un nu idéalisé et héroïque. De son bras gauche, il désignait l’Italie et l’Egypte  (deux campagnes durant lesquelles Desaix s’illustra). La nudité suscita de vives polémiques et la statue fut cachée derrière une palissade de bois, au bout de deux mois d’exposition, puis est retirée en 1815. Son bronze est refondu pour fabriquer la statue équestre d’Henri IV, visible sur le Pont-Neuf.

La statue actuelle

Souhaitant raviver les symboles de l’Ancien Régime, Louis XVIII commande une statue équestre de son aïeul, Louis XIV, à l’architecte Alavoine et au sculpteur François-Joseph Bosio. Pour l’attitude du cavalier et du cheval, ce dernier s’inspire du Cavalier de bronze de Falconet, représentant le tsar Pierre le Grand à Saint-Pétersbourg.  La statue fut fondue par Auguste-Jean Marie Carbonnaux. Sur le socle en marbre blanc, deux bas-reliefs illustrent le Passage du Rhin et l’institution de l’ordre royal et militaire de Saint Louis.

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Le roi, vêtu en empereur romain, les bras nus, est coiffé d’une perruque. Le cheval cabré maintient son équilibre grâce aux barres de fer fixant sa queue au piédestal. La statue est inaugurée le 25 août 1822, le jour de la saint Louis, et fut restaurée en 2005.

Des commerces s’installent sous les arcades et dans les étages, des hôtels particuliers. La surélévation des bâtiments, l’abus des enseignes publicitaires, l’élargissement des rues La Feuillade (1828) et Croix-des-Petits-Champs (1837), ainsi que le percement de la rue Etienne Marcel en 1883, mutilèrent l’ordonnance classique des façades. En 1946, un projet de réaménagement est présenté par Robert Danis qui ne sera jamais mis en œuvre. Le sol de la place est classé au titre des Monuments historiques en 1962 et la statue en 1992.