Passage du Bourg l’abbé

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Edifié en 1828 par Auguste Lusson, entre le passage du Grand Cerf et le passage de l’Ancre, le passage Bourg l’Abbé n’est plus aujourd’hui que l’ombre de sa grandeur passée. Le passage fut construit parallèlement à un autre passage plus ancien qu’il concurrençait et imitait, le passage du Saucède, disparu avec le percement de la rue de Turbigo en 1854. Le passage Bourg l’Abbé fut amputé de plusieurs mètres lors de la construction du boulevard de Sébastopol en 1854 et du percement de la rue de Palestro.

L’entrée du passage ouvrant sur cette dernière rue est l’œuvre de l’architecte Henri Blondel. Les deux cariatides qui encadrent l’entrée, sculptées par Aimé Millet sont des allégories du Commerce et de l’Industrie.

Le passage est surmonté d’une verrière à deux pans, à peine cintrée, sans ferme. Aux extrémités, une horloge fait face à un baromètre. L’élévation à arcade sur les deux premiers niveaux disposent de boutiques et logements en entresol ; entresol où des éléments d’origines rythmés par des pilastres cannelés de bois peint ont été redécouverts lors de la rénovation débutée en 2002 qui a mis à jour ces décors du registre supérieur des façades et les miroirs ornant les tympans. Peu entretenu, à partir des années 1980, les locaux sont utilisés comme entrepôts. Pourtant, une grande partie des éléments du passage sol, verrière, façades intérieures et sur rue) est classé à l’Inventaire des Monuments historiques par arrêté du 21 janvier 1991. Victime d’un incendie au cours des années 1990, le lieu est quasiment abandonné jusqu’à ce que la copropriété trouve des financements pour sa reconstruction. Les travaux vont s’échelonner de 2002 à 2008 sous la responsabilité de l’entreprise Serres et ferronneries d’antan.

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Fontaine de la Reine

Cette ancienne fontaine se situe au 142 rue Saint-Denis.

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La maison fut construite au XVIe siècle par Jacques-Richard Cochois pour Claude Aubry, fabriquant d’éventail. Une fontaine a été intégrée dans l’arrondi de l’angle de la maison. Elle prit le nom de fontaine de la Reine, fontaine de la Reynie, fontaine Greneta.

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La fontaine fut réparée en 1602, puis en 1671 et enfin reconstruite en 1732 par Jean Beausire. Cette fontaine apporta de l’eau aux gens du quartier. Une ordonnance de police du 2 juillet 1729 rapportait cet incident : « plusieurs de ces porteurs et porteuses d’eau de la Fontaine de la Reine se battent journellement entre eux, s’invectivent par les injures les plus atroces et profèrent plusieurs blasphèmes en telle sorte que le repos et la tranquillité des bourgeois du voisinage en sont entièrement troublés ; qu’ils se rendent tellement maîtres de ladite fontaine qu’il n’est pas permis à aucun bourgeois, leurs enfants, ni domestiques d’y pouvoir aborder, encore moins d’y puiser de l’eau ; qu’ils ne veulent pas même souffrir l’arrivée de nouveaux porteurs d’eau à moins qu’on ne leur paie un droit ».

Elle représente un appareillage à bossages de faible relief et est surmontée d’un demi-cercle ainsi que d’un écusson royal illisible. Le mascaron d’eau, qui se trouvait à hauteur des passants, a disparu. Elle est aujourd’hui hors d’eau et protégée au titre des Monuments historiques depuis 1994.

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