Théâtre de la Gaîté-Lyrique

La Gaîté-Lyrique, anciennement théâtre de la gaîté, est une salle de spectacle reconvertie en centre culturel consacré aux arts numériques et aux musiques actuelles depuis 2011.

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Origine

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En 1759, Jean-Baptiste Nicolet installe sur le boulevard du Temple un spectacle dans la tradition du théâtre de la foire, qui attire un public grandissant malgré les plaintes de la Comédie-Italienne, officiellement protégée par privilège. En 1772, la troupe de Nicolet obtient la dénomination royale de « théâtre des Grands Danseurs du Roi », rebaptisé en 1789 « théâtre de la Gaîté et Grands Danseurs », puis simplement « théâtre de la Gaîté » en 1792. En 1795, Nicolet passe la main à Louis-François Ribié qui crée le « théâtre d’Emulation » mais jette l’éponge quatre ans plus tard. Redevenue Gaîté et dédiée au mélodrame, la salle est entièrement reconstruite en 1808 par l’architecte Antoine Peyre et dotée désormais d’une capacité de 1 800 places. Le dramaturge René-Charles Guilbert de Pixerécourt, à qui la salle doit en grande partie son succès, en prend la direction de 1825 à 1830. Détruite par un incendie en 1835 pendant une répétition générale, elle est immédiatement reconstruite d’après les plans d’Alexandre Bourlat. Montigny, Horace Meyer, Hippolyte Hostein et Alfred Harmant se succèdent à la tête de la salle. Frédérick Lemaître y joue Paillasse en 1850 et Joseph Fauveau en 1854. Fréquenté par toute la bonne société du second Empire, il accueille Napoléon III et son épouse. Cette notoriété lui vaut, lors de son expropriation en 1862 pour permettre le percement de la place de la République, d’être aussitôt transféré dans une salle édifiée presque à l’identique par l’architecte Alphonse Cusin, square des Arts-et-Métiers.

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Temple de l’opérette

Succédant à Louis Dumaine, Victor Koning et Pierre Grivot, Jacques Offenbach, qui prend la direction de la Gaîté en juin 1873 et la consacre dès lors à l’art lyrique. La scène était équipée des derniers perfectionnements techniques qui permettaient des effets à sensation. Conçue pour 1 800 spectateurs, la salle circulaire et couverte en coupole était luxueusement aménagée. L’éclairage en était assuré, non plus par les lustres classiques, mais par une rosace de verre, au centre de la coupole, et à la base par des arcades elles aussi garnies de verre en facettes qui diffusaient la lumière. Le vestibule et le foyer furent décorés avec l’opulence un peu lourde, habituelle aux bâtiments du second Empire. Le plafond du grand foyer divisé en quatre compartiments s’ornait d’allégories de la Peinture, la Musique, la Sculpture et l’Architecture peintes par Jobbé-Duval. A chaque extrémité de la pièce, deux cheminées étaient surmontées de représentations de la Tragédie antique et de la Musique peintes par le même artiste. Albert Vizentini, son chef d’orchestre, lui succède en 1875. Entre le 5 mai 1876 et le 2 janvier 1878, sous l’appellation « théâtre Lyrique National », il crée plusieurs opéras tels Paul et Virginie de Victor Masse ou Le Timbre d’argent de Camille Saint-Saëns. Il est baptisé « théâtre municipal de la Gaîté-Lyrique » en 1907. En 1921 et 1924, la troupe des ballets russes de Serge Diaghilev s’y représentent avec un immense succès, Le sacre du printemps d’Igor Stravinski et Parade d’Erik Satie. Dans les années 1930, Le Pays du sourire y est créé avec Willy Thunis. Après la Seconde Guerre mondiale, Henri Montjoye, puis son épouse Germaine Roger prennent la direction du théâtre. On renoue avec le succès grâce, entre autres, aux mélodrames chantés, à l’instar de la Chanson Gitane, interprété par le couple de scène André Dassary et Marina Hotine Andalousie, Chevalier du ciel, ou Visa pour l’amour de Francis Lopez avec Luis Mariano et Annie Cordy, Collorado avec Michel Dens, Minnie Moustache avec les Compagnons de la chanson. Le théâtre ferme en 1963 pour cause de déficit.

Période creuse

Le théâtre nécessite d’importants travaux que la ville de Paris n’est pas disposée à financer et reste à l’abandon. A partir de 1967, il ouvre épisodiquement. En 1973, le théâtre rouvre pour accueillir le TNP dont la salle au palais de Chaillot est alors en travaux. En 1974, le Carré Silvia-Monfort et la première école de cirque s’y installent pour quatre ans. Le service de sécurité de la Direction des domaines de la Ville de Paris interdit l’usage de la salle à l’italienne. Pour séparer la scène de la salle, un grand mur en béton est alors construit dans l’ancienne salle à l’italienne. En lieu et place de la scène, une nouvelle salle est réalisée. Au vu des risques d’incendies, six pompiers sont de service les premiers soirs de représentations. Pour créer une deuxième salle plus petite, l’installation d’un plancher condamne le hall et l’escalier de marbre. Le théâtre est dans un triste état et a un besoin essentiel de restauration pour ne pas sombrer. Jacques Chirac, maire de Paris, débloque les fonds pour réaliser les travaux tant attendus en 1977. Ils sont d’abord remis à plus tard et n’auront jamais lieu. Le site est laissé à l’abandon. Au début des années 1980, le dôme magistral de la salle menace de s’effondrer et une portion de la grande salle est bétonnée faute de mieux. En 1984, le théâtre est classé à l’inventaire des monuments historiques.

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Planète magique

En 1985, la ville concède le théâtre au groupe DIC (Diffusion Information Communication) fondé par Jean Chalopin et connu comme principal producteur de dessins animés pour la télévision. L’objectif est la création d’un grand centre d’attraction pour enfants, dont le projet a été conçu par l’architecte Pierre-Alexis Kobakhidzé. En décembre 1989, le théâtre est inauguré sous le nom « Planète Magique ». La façade, le foyer de l’impératrice Eugénie et le hall d’entrée sont rénovés. Par contre, la grande salle à l’italienne est détruite. Le nouveau projet qui a transfiguré le théâtre est un échec. Deux mois plus tard, la société dépose le bilan. En 1991, le théâtre ferme de nouveau.

Ere du numérique

En 2001, sous l’impulsion de Bertrand Delanoë, la ville de Paris prend la décision d’y créer un centre culturel consacré aux arts numériques et aux musiques électroniques contemporaines. Prévu à l’origine pour ouvrir en 2005, le projet architectural définitif n’est validé qu’en juillet 2006. Les travaux débutent en août 2007, la délégation de service public étant confiée à l’architecte Manuelle Gautrand. Les travaux s’achevèrent en janvier 2011 ; l’inauguration de ce nouvel établissement a lieu le 1er mars 2011 et son ouverture au public le 2 mars. Jérôme Delormas est alors chargé de la gestion, de la direction et de la direction artistique. Des fonctions qui incombent, depuis 2016 à Marc Dondey. Bien que la rénovation du bâtiment soit conséquente, le projet veut respecter les parties historiques du bâtiment. Ainsi, la Gaîté-Lyrique se présente comme un « bâtiment outil » au service des artistes et des thématiques mises en place chaque année. Il se présente comme un endroit pour comprendre les relations entre les progrès techniques et l’évolution des formes artistiques en permettant la rencontre de la culture, de l’histoire et de la modernité. Il témoigne ainsi de l’hybridation des médias propre à l’expression artistique du XXIe siècle. Cet établissement culturel de la Ville de Paris est géré, en délégation de service public, par un groupe financier composé de la maison de disques Naïve, et la société Ineo. Le budget annuel de fonctionnement était en 2011 de 9,5 millions d’euros, dont 5,45 de subventions municipales.

Architecture extérieure

La façade mesure 18 mètres de long. Elle présente au rez-de-chaussée cinq arcades à bossages dominées par une loggia dont les cinq arcs retombent sur des colonnes de marbre rouge à chapiteau de bronze. Elle est cantonnée de part et d’autre de pilastres contre lesquels sont adossés deux statues de 2,30 mètres : à droite, le Drame sous les traits de Hamlet de Shakespeare (œuvre d’Eugène-Louis Godin), et à gauche, la Comédie personnifiée par Scapin de Molière (statue d’Amédée Doublemard). La construction se termine par trois groupes de fenêtres géminées, cintrées, séparées par des pilastres cannelés. Les allégories de l’Art lyrique, la Comédie et la Poésie qui avaient été sculptées par Dubray au sommet de la corniche ont disparu.

Architecture intérieure

Le vestibule et le foyer de l’impératrice Eugénie ont perdu de leur superbe ; la salle à l’italienne a été morcelée et réduite en plusieurs salles et amphis destinés aux expositions et aux concerts. C’est un espace de création et de diffusion d’une surface de 11 000 m² sur cinq niveaux accessibles au public et deux niveaux privatifs. Il propose : la grande salle (300 places assises ou 750 debout), la petite salle (70 places assises ou 150 debout), la chambre sonore (6 à 8 places), l’auditorium (130 places assises), le plateau média (espace de programmation en libre-service qui propose des rencontres, tables rondes, diffusés en direct sur internet), 1 000 m² d’espaces d’exposition, l’espace jeux vidéo (accès libre à une sélection de jeux actuels et anciens), le centre de ressources (2 000 ouvrages autour des cultures numériques), le foyer historique, un studio de répétition, un studio d’enregistrement, un studio d’enregistrement, trois studios multimédia, la boutique, un café et un espace de création.

 

Théâtre du Palais-Royal

En 1637, le cardinal de Richelieu fait édifier un théâtre dans l’aile est du Palais-Royal afin de rompre le monopole de la troupe de l’Hôtel de Bourgogne. Inauguré en 1641, les troupes du théâtre des Italiens et celle de Molière s’en partagent la scène de 1662 à 1673. A la mort de ce dernier, Lully récupère le théâtre pour y fonder l’Académie royale de Musique. La troupe de Molière part s’installer dans l’Hôtel de Guénégaud. Le théâtre est détruit le 6 avril 1763 par un incendie. Rouvert le 26 janvier 1770, il brûle à nouveau le 8 juin 1781, lors d’une représentation d’Orphée de Gluck. L’Académie royale de musique déménage boulevard Saint-Martin dans une salle construite pour elle par Nicolas Lenoir (l’actuel théâtre de la Porte-Saint-Martin). Le théâtre est reconstruit en 1784 par l’architecte Victor Louis et héberge les Variétés-Amusantes. A l’opposé de la rue de Montpensier, dans le péristyle de Joinville, Victor Louis édifie une autre petite salle destinée à présenter les spectacles de marionnettes de Sieur Delomel, tourneur sur bois.

montensier-petits-comediens-1784 Placée sous la protection du comte de Beaujolais, la troupe prend alors le nom de « Petits Comédiens de son Altesse Sérénissime Monseigneur le comte de Beaujolais » (pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué). Inaugurée le 23 octobre 1784, la salle devient le théâtre de Beaujolais et peut accueillir jusqu’à 800 spectateurs. Les marionnettes sont remplacées par des enfants mimant les rôles pendant que des adultes parlent et chantent depuis les coulisses. La troupe se compose alors de 42 acteurs et chanteurs, 20 danseurs et 20 musiciens. Son succès gênant, en 1788, un décret interdit d’employer deux comédiens pour le même rôle et de chanter ou parler depuis les coulisses ; Delomel perd ainsi son commerce. La salle est rachetée le 17 juin 1787 par Desmarets qui la cède deux ans plus tard à Marguerite Brunet dite Melle Montansier dont le portrait orne le foyer.

Après deux ans de travaux, cette femme d’affaire redoutable inaugure sa nouvelle salle le 12 avril 1790 avec Les Epoux mécontents, opéra en quatre actes de Dubuisson et Storace. La Montansier propose des opéras comiques et des comédies aux titres évocateurs, comme Le Sourd ou l’Auberge pleine de Desforges. Durant la Révolution, le théâtre change souvent de nom : théâtre Montansier, théâtre du Péristyle du jardin Egalité, théâtre de la Montagne, Montansier-Variétés et Variétés. Le succès est tel que la directrice se permet de fermer le théâtre, d’acheter les terrains environnants et fait agrandir le bâtiment. Il rouvre en 1793 sous le nom de Théâtre National. Son salon est fréquenté par toutes les célébrités de l’époque, suscitant haines et jalousies. Melle Montansier est accusée de conspiration contre le Gouvernement révolutionnaire et de recel d’armes. Elle est arrêtée le 15 novembre 1793 et emprisonnée. Le théâtre est donné à la troupe de l’Opéra, devenant le Théâtre du Péristyle du Jardin Egalité. Libérée après dix mois de détention, la Montansier reprend son théâtre et y fait revenir la jeunesse. En 1806, Joseph Fouché, ministre de la police, oblige Marguerite Brunet à quitter les lieux (sous l’influence des Comédiens-Français). Melle et sa troupe obtiennent l’autorisation de l’empereur (un de ses amis, du temps où il n’était que Bonaparte) de se faire construire un nouveau théâtre boulevard Montmartre, qui deviendra le théâtre des Variétés. La salle du Palais-Royal est louée successivement à des acrobates, des funambules et des dresseurs de chiens, avant de fermer en mai 1812. De 1812 à 1820, le Café de la Paix s’y installe, offrant quelques distractions légères à ses clients. En 1830, Charles Contat-Desfontaines dit Dormeuil (le portrait côtoie celui de Melle Montansier dans le foyer) obtient l’autorisation d’exploiter à nouveau la salle du Palais-Royal en tant que théâtre. La reconstruction est confiée à Louis Régnier de Guerchy. Architecte à qui nous devons l’encorbellement surplombant la rue de Montpensier. Le théâtre du Palais-Royal est inauguré le 6 juin 1831 et se spécialise dans les pièces de boulevard. Durant les cinq premières années, il fait jouer 150 vaudevilles qui se soldent par 150 échecs. Il faut attendre 1838 et la découverte de M. de Coylin, de Paul de Kock et d’Eugène Labiche pour voir le théâtre nouer avec le succès. En 1851, le compositeur Hervé devient le chef d’orchestre du Palais-Royal, nouveau succès. En 1859, Dormeuil fait découvrir les textes de Victorien Sardou. Dès 1863, le talent moqueur de Hortense Schneider illumine la scène, grâce aux œuvres du trio emblématique du Second Empire : Jacques Offenbach, Henri Meilhac et Ludovic Halévy. Trois ans plus tard, Offenbach triomphe avec La Vie parisienne. Après la guerre de 1870, le théâtre connaît des temps difficiles. Offenbach meurt, Labiche n’écrit plus, Dormeuil démissionne. La nouvelle direction confie les travaux de restauration à l’architecte Paul Sédille en 1880.

Il orne le foyer de vastes peintures murales, il redécore la salle dans le style néo-Louis XV, tout en dorure et cristal, et aménage l’escalier de secours en façade (afin de ne pas modifier l’intérieur), sous forme de passerelles métalliques revêtues de mosaïques.

Mussay, alors directeur, fait découvrir le talent de Georges Feydeau : Monsieur Chasse, Le Système Ribatier, Un Fil à la patte, le Dindon… Dès 1909, et jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, l’auteur dramatique Gustave Quinson prend la direction du théâtre. Il collabora avec des auteurs comme Yves Mirande, Tristan Bernard, Pierre Veber et Albert Willemetz. Il fait découvrir les talents de Mistinguett, Yvonne Printemps, Raimu, Hennequin, Denise Grey, Michel Simon. L’ère de Jean de Létraz, auteur comique, commence dès 1939. Il fait jouer au théâtre ses pièces comme Descendez, on vous demande, Les surprises d’une nuit de noce, La mariée en a deux, Occupe-toi de mon minimum ou la Pucelle d’Auteuil. A sa mort en 1954, son épouse lui succède à la direction. Simone de Létraz fait appel à la Compagnie Jacques Fabbri, puis à la Compagnie Renaud Barrault pour jouer les œuvres posthumes de son époux, ainsi que d’anciens succès tels que la Vie parisienne. Le succès est essentiellement dû aux comédiens : Suzy Delair, Micheline Dax, Simone Valère, Pierre Bertin, Jean Desailly, Jean Parédes, Madeleine Renaud et Jean-Louis Barrault. En 1965, Simone de Létraz abandonne la direction du théâtre au profit de Jean-Michel Rouzière. Les succès vont dès lors se succéder. Rouzière décide de rendre hommage à sa voisine, Colette, en faisant jouer Gigi. Assassins associés de Robert Thomas est mis en scène par Jean Piat avec Denise Grey dans le rôle principal. Zizi Jeanmaire est éblouissante dans le rôle de la Môme Crevette. En 1968, Pierre Dux met en scène Désiré de Sacha Guitry avec Marie Daems et Robert Lamoureux, puis la Facture de Françoise Dorin avec Jacqueline Maillan. En 1969, Jean Marais reprend le rôle du Maître dans l’Amour masqué de Sacha Guitry. En 1972, Louis de Funès revient au théâtre avec Oscar de Claude Magnier. Le 5 février 1973 a lieu la première de la Cage aux Folles de Jean Poiret, mise en scène par Pierre Mondy avec Michel Serrault dans le rôle principal. Le succès est tel que la pièce se joua durant six ans à guichet fermé. En 1978, Michèle Morgan et Pierre Mondy s’illustrent dans une comédie de Françoise Dorin, le Tout pour le Tout. Maria Pacôme, Nicole Calfan, Odette Laure et Jean Poiret leur succèdent dans Joyeuses Pâques. En 1983, c’est au tour de Jean-Pierre Cassel et Anny Duperey d’égayer le théâtre avec La Fille sur la banquette arrière de Bernard Slade. Depuis les directions se succèdent et les artistes continuent de faire pleurer de rire les spectateurs.

Rue Feydeau

La rue porte le nom d’une famille parisienne, la famille Feydeau, ayant occupé de hautes fonctions dans la magistrature et l’administration aux XVIIe et XVIIIe siècles. La famille Feydeau, originaire de Felletin, entra au service des ducs du Bourbonnais à la fin du XVe siècle, puis intégra l’administration royale lorsque le duché du Bourbonnais revint à la couronne en 1531. Elle s’y illustra jusqu’à donner un garde des sceaux de France en 1762. La rue tracée en 1650, portait à l’origine le nom de « rue Neuve-des-Fossés-Montmartre ».

: arrière de la poste située place de la Bourse, construite entre 1939 et 1950, par les architectes J. Debat-Ponsan et M. Roux-Spitz. Le ravalement et la mise en couleur date de 2010.

16 : restaurant le « Versance ». Vers la fin du XIXe siècle, le restaurant ouvre sous le nom « Au Petit coin de la Bourse ». Depuis 2006, Samuel Cavagnis investit ce lieu qu’il a rebaptisé « Le Versance ». A l’âge de 6 ans, il rêvait déjà de devenir Chef et d’ouvrir son propre restaurant. En échange d’un repas chaud, il travaille pour un trufficulteur, un boucher, un éleveur de canards, un pêcheur de crustacés, un fromager et un chocolatier. Fort de ces expériences, il part à l’étranger travailler dans des restaurants gastronomiques. Son service militaire, il l’accomplit au sein de la Bridage du palais de l’Elysée. Le soir, il joue les extras chez Lenôtre. Il part découvrir le monde et surtout la cuisine (Australie, Chine, Vietnam…). De retour en France en 2000, il décide de mettre en œuvre son rêve d’enfant.

18 : derrière les portes noires se cache le club libertin, « le Mask ». La décoration est paraît-il soignée et cosy et les employés très discrets et serviables.

24 : Cet immeuble de bureaux et de logements a été réalisé en 1932 par Fernand Colin. La forme du terrain et le souci d’obtenir un éclairage optimum ont décidé l’architecte à adopter une façade « en accordéon » : ce procédé permet l’aménagement de larges baies vitrées dessinant un angle de 45°, faisant ainsi bénéficier les pièces d’une double exposition.

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19-21 : anciens hôtels particuliers, Briçonnet au n°19 et Béarn au n°21. Le 26 janvier 1789, Léonard-Alexis Autié, coiffeur de la reine Marie-Antoinette, et le violoniste Giovanni Viotti obtiennent du roi Louis XVI le privilège d’exploiter le répertoire des opéras comiques français et italiens. La troupe, baptisée théâtre de Monsieur en raison de la protection qui lui est offerte par Monsieur, frère du roi (futur Louis XVIII), s’installe dans la salle des Machines du palais des Tuileries. Mais doit en partir le 6 octobre 1789, Louis XVI et sa famille ayant été ramenés du château de Versailles par les émeutiers. En dédommagement, Autié et Viotti se voient offrir les jardins de l’hôtel Briçonnet, rue Feydeau, avec l’autorisation d’y construire une nouvelle salle. Les travaux sont confiés aux architectes Guillaume Legrand et Jacques Molinos et l’inauguration du théâtre a lieu le 6 janvier 1791, toujours sous le nom de « théâtre de Monsieur ». A la suite de la fuite manquée de Louis XVI, la direction juge plus prudent de rebaptiser sa salle, Théâtre français et italien de la rue Feydeau le 24 juin 1791, puis Théâtre français et Opera-buffa le 29 juin 1791. La programmation alterne avec succès opéras comiques français et italiens, mais l’emprisonnement du roi conduit le 10 août 1792 à la fermeture de la salle et au renoncement de ses fondateurs. Elle rouvre dès la proclamation de la République sous la direction de Chagot-Defays. Lieu de rassemblement des « réactionnaires », elle est plusieurs fois frappée d’interdiction de représentation. Elle accueille à partir du 27 janvier 1795 la troupe des Comédiens Français du théâtre de la Nation et prend alors le nom de Théâtre français de la rue Feydeau. Sous la nouvelle direction de Sageret, elle devient une des salles les plus appréciées de Paris. Celui-ci tente de réconcilier les Comédiens Français de la Nation avec leurs anciens camarades partis s’installer salle Richelieu à la suite de la scission de novembre 1789, à la tête desquels se trouve le célèbre Talma. Mais l’entreprise rebaptisée Théâtre lyrique de la rue Feydeau le 29 octobre 1798 s’avère ruineuse et Sageret passe la main. La troupe de la Nation, dirigée par Louis-Benoit Picard, reprend possession des lieux l’année suivante. Le 16 septembre 1801, sur ordre de Napoléon, la troupe fusionne avec celle de l’Opéra-Comique, qui doit abandonner la salle Favart vétuste, sous le nom de Théâtre national de l’Opéra-Comique. Le 16 avril 1829, le théâtre Feydeau, menaçant à son tour de s’effondrer, est fermé pour être définitivement démoli.

 

L’Opéra-Comique

L’Opéra-Comique a été fondé sous le règne de Louis XIV. Le 26 décembre 1714, Catherine Baron et Gautier de Saint-Edme ont réuni des troupes qualifiées de « foraines » qui donnaient des spectacles lors des foires annuelles de Paris. L’une des troupes présente à la foire de Saint-Germain-des-Prés prit le nom d’Opéra-Comique. Leur répertoire se composait de pantomimes et de parodies d’opéras afin de déjouer les interdictions dont les troupes étaient frappées à la suite de procès intentés par la Comédie-Française, inquiète face à la qualité montante des spectacles de rues. En 1714, un décret autorise la troupe de l’Opéra-Comique a possédé son propre théâtre mais avec une contrainte : intercalés des dialogues parlés dans les œuvres chantées. La troupe connut des débuts difficiles, ainsi que plusieurs périodes de fermetures, entre 1719 et 1720, puis de nouveau entre 1722 et 1723. En 1743, Jean Monnet prend la direction de l’Opéra-Comique et invite l’auteur Charles-Simon Favart. Le succès est aussitôt au rendez-vous et fait ombrage aux autres théâtres parisiens. Pour y remédier les autorités provoquent une nouvelle période de fermeture, entre 1745 et 1751. Cette année-là, la ville de Paris obtient la réouverture du théâtre et conserve Jean Monnet à la direction. En janvier 1762, l’Opéra-Comique fusionne avec la troupe de la Comédie italienne. La nouvelle troupe déménage à l’hôtel de Bourgogne, le 3 février 1762. En 1779, bien que ne comprenant plus aucun Italien, la troupe prend le nom de Théâtre Italien, avant l’année suivante de reprendre le nom d’Opéra-Comique.

Première salle Favart

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C’est au revers de fortune du duc de Choiseul que les artistes de l’Opéra-Comique purent enfin avoir un théâtre digne d’eux. En effet, l’ancien secrétaire d’Etat de Louis XV, malgré sa disgrâce intervenue en 1770, menait un train princier non sans de grandes difficultés financières. Pour y pallier, il décida en 1780 de lotir le parc qui flanquait son superbe hôtel. Une partie du lotissement fut concédée le 20 décembre 1781 à la troupe de l’Opéra-Comique qui confia à l’architecte Jean-François Heurtier le soin d’élever la nouvelle salle. Avant même qu’elle ne soit sortie de terre, la censure s’exerça à ses dépens et on reprocha vivement au duc de Choiseul d’avoir exigé que la façade de ce nouveau théâtre soit à l’opposé des boulevards, sur une petite place, parce « qu’il ne voulait pas que les futurs spectateurs soient confondus avec les badauds ». En tout cas, l’ancien ministre de Louis XV fit réserver pour sa famille et ses héritiers la propriété du vestibule et de l’entrée, du côté de la place, pour y installer deux cafés placés de chaque côté. Enfin, il exigea la propriété pour la duchesse et pour lui-même d’une loge face à la scène. Le théâtre fut donc construit place des Italiens, du nom du boulevard où il aurait dû trouver place, qui devint quelques années plus tard la place Boïeldieu. C’est sur cette place que devait naître en 1824 Alexandre Dumas fils et héritier d’Alexandre Dumas père et de Catherine Labay, jeune couturière qui y avait élu domicile et dont l’atelier faisait face au théâtre.

Mais il faut remonter plus loin dans le temps pour situer la création du théâtre puisque c’est le 28 avril 1783, qu’après avoir quitté l’hôtel de Bourgogne, la troupe royale de l’Opéra-Comique inaugurait sa nouvelle salle avec Blaise et Babet sur un livret de Monvel, en présence de Marie-Antoinette. L’intérieur de la salle Favart (c’était désormais son nom) de forme ovale décorée d’ornements et de boiseries dorés, d’une capacité de 1255 places, était divisée en trois rangs de loges couronnées par un entablement où on avait pratiqué deux rangs de loges de côté et, face à la scène, un amphithéâtre où dix rangs de banquettes pouvaient contenir 400 personnes. A la tête de la troupe brillaient d’un vif éclat la belle Mme Favart, Clauval, le ténor Trial qui laisserait son nom à cet empli, Elleviou et l’admirable Mme Dugazon, qui, tous, donneraient le meilleur d’eux-mêmes aux compositeurs attitrés de leur théâtre : Grétry et Dalayrac. Cette première salle révéla bientôt d’importants défauts : mauvaise visibilité, espace scénique insuffisant et pas de salles de répétitions. A cause de cela et aussi à cause des événements qui secouaient le monde extérieur, la troupe quitta le théâtre et fusionna avec la troupe du théâtre Feydeau, le 16 septembre 1801. Elles prirent le nom de Théâtre national de l’Opéra-Comique et s’installèrent salle Feydeau. En 1802, Napoléon Bonaparte, alors premier consul, décide de transférer dans la salle vacante la troupe de l’Opéra-Buffa (plus connue sous le nom d’Italiens) que Melle Montansier a créée l’année précédente au théâtre Olympique. Elle la quittera à son tour en 1804 à l’occasion de travaux de restauration, pour fusionner avec la troupe du théâtre Louvois sous la direction de Louis-Benoit Picard et devenir le Théâtre de l’Impératrice. En 1807, l’Opéra-Comique est porté sur la liste des quatre principaux théâtres parisiens et un décret fixe le genre de l’opéra-comique comme suit : « comédie ou drame mêlés de couplets, d’ariettes ou de morceaux d’ensemble ». La salle est vendue quant à elle à un certain Delamarre. Les Italiens font leur retour en 1815 sous la direction de la cantatrice Angelica Catalani, suivis en 1818 de la troupe de l’Odéon et en 1820 de celle de l’Opéra, puis par différentes troupes. Dans la nuit du 14 au 15 janvier 1838, un incendie détruit la salle après une représentation de Don Giovanni de Mozart. Cet incendie est dû au système de chauffage : un tuyau du calorifère du foyer de l’orchestre, chauffé au rouge, met le feu au magasin de décors. Hector Berlioz propose alors au ministère un projet d’exploitation de la nouvelle salle à ses propres frais, mais cette demande est rejetée par la Chambre des députés.

La seconde salle Favart

Les autorités prennent alors la décision de construire au même endroit un nouvel opéra-comique dont les travaux commencèrent en 1839 sous la direction de l’architecte Théodore Charpentier pour s’achever au début de 1840.

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L’extérieur du nouveau théâtre était assez semblable à celui de son devancier. Il comportait un péristyle composé de dix belles colonnes dont quatre en façade, celui-ci donnant accès à un large vestibule ouvrant toujours sur la place des Italiens, car les héritiers de Choiseul n’avaient pas désarmé. La salle, vaste, commode et élégante, était joliment décorée et on avait adopté pour l’ensemble des peintures et le damas des loges et des fauteuils une tonalité bleu clair. La nouvelle salle Favart portait sur son fronton Théâtre de l’Opéra-Comique. D’une capacité de 1 255 places, elle fut inaugurée sous la direction de Crasnier, le 16 novembre 1840, avec la reprise du Pré aux clercs de Ferdinand Hérold à laquelle succédait la Damnation de Faust d’Hector Berlioz dirigée par l’auteur. En 1848, le nouveau gouvernement confia à Emile Perrin le soin de diriger l’Opéra-Comique ce qu’il fit de main de maître ; l’Etoile du Nord de Meyerbeer atteignit la 200e, ce qui à l’époque, était prodigieux. Perrin, dont les sentiments républicains étaient connus, disparut avec le Second Empire et ce fut Nestor Roqueplan, célèbre journaliste et boulevardier, qui administra la salle Favart à partir de 1858. Il y fit construire, en courtisan zélé un escalier supplémentaire pour desservir la loge impériale. Le 17 novembre 1866, l’Opéra-Comique, dirigé par Adolphe de Leuven, présente pour la première fois un opéra d’Ambroise Thomas qui connaît un grand succès : Mignon, livret de Michel Carré et Jules Barbier, inspiré par Wilhelm Meister de Goethe. En 1875, de Locle, nouveau directeur eut à faire face à de nombreuses difficultés dont la moindre n’était pas celle de l’ouverture de l’Opéra au palais Garnier. C’est au début de cette année-là que le jeune compositeur Georges Bizet allait remettre à de Locle la partition de son nouvel opéra-comique Carmen, tiré d’une nouvelle de Mérimée par Meilhac et Halévy. Créée le 3 mars 1875, l’œuvre fut froidement accueillie malgré une éclatante distribution où brillait Melle Galli Marié. Il fallut attendre la reprise (21 avril 1883) pour que le chef-d’œuvre de Bizet remporte un triomphe dont ne put jouir le compositeur, mort prématurément en juillet 1875. Carvalho, nouveau et habile directeur, allait s’employer à faire de la salle Favart une des meilleures scènes lyriques en y accueillant de jeunes et brillants auteurs comme Massenet dont on créait Manon et de Léo Delibes, Lakmé. En 1880, Léon Carvalho, assisté du directeur musical Charles Lamoureux, reprend Mignon avec une nouvelle cantatrice américaine, Marie van Zandt, surnommée « miss Fauvette ». Après quelques succès avec Le Pardon de Ploërmel et Les Noces de Figaro, Carvalho la programme dans Le Barbier de Séville de Rossini mais son accent américain fait scandale et elle est contrainte de se retirer.

Tout allait pour le mieux pour l’Opéra-Comique et son directeur jusqu’au soir fatal du 25 mai 1887. Le rideau venait de se lever sur le premier acte de Mignon. Deux jeunes cantatrices étaient en scène, Mmes Margilien et Taskin, lorsque des flammes jaillirent des portants, au-dessus des deux interprètes. Le feu allait se propager de la scène à la salle avec une effrayante rapidité. L’incendie fut d’une telle violence qu’on dénombra 400 victimes, à commencer par les deux malheureuses chanteuses, ainsi que des habilleuses, ouvreuses, danseurs. L’incendie fut provoqué par une défectuosité de l’éclairage au gaz de la tierce située au-dessus de la scène. Le gouvernement paye une compensation aux victimes et un concert est donné au bénéfice des employés de l’Opéra-Comique, alors au chômage, qui s’installe provisoirement au théâtre des Nations (actuel théâtre de la Ville), place du Châtelet. La nuit qui suivit cette catastrophe, Carvalho présentait sa démission au ministre de l’Instruction publique des Beaux-Arts. Ce dernier est jugé responsable, condamné puis acquitté en appel. Il a été remplacé presque immédiatement par Jean Barbier. A la suite de cet incendie, les pouvoirs publics imposent des normes de sécurité : issues de secours, rideaux de fer séparant la salle de la scène, élargissement des portes et des couloirs. L’éclairage à l’électricité devint obligatoire dans tous les théâtres et cafés concerts.

Troisième salle Favart

Après un long débat, les autorités décident de reconstruire la salle Favart. Un concours s’ouvrit en 1893 et désigna comme lauréat l’architecte Louis Bernier.

L’actuel Opéra-Comique domine de sa masse la petite place Boieldieu, puisque cette scène, comme ses devancières, tourne délibérément le dos au boulevard des Italiens. L’architecture du théâtre est plus éclectique que les précédentes. Un perron flanqué de quatre candélabres en granit d’Ecosse donne accès à trois grandes portes protégées de grilles dessinées par l’orfèvre Christofle.

 Les trois hautes fenêtres du premier étage, enchâssées dans des arcades, sont surmontées de six cariatides sculptées par André Joseph Allar, Gustave Frédéric Michel et Emile Edmond Peynot. Tandis que de part et d’autre du balcon, on peut admirer dans leur niche la Musique par Denys Puech et une autre de la Poésie par Ernest Guilbert.

A l’intérieur, son large vestibule est décoré de statues en marbre blanc figurant la Comédie lyrique et le Drame lyrique, dues respectivement à Antonin Mercié et Alexandre Falguière. Des peintures murales de Luc-Olivier Merson et François Flameng (la Tragédie grecque et la danse) agrémentent les escaliers Marivaux et Favart. Les peintures de la rotonde Marivaux sont dues à Raphaël Collin, tandis que celles de la rotonde Favart sont l’œuvre d’Edouard Toudouze. Le grand foyer est illustré de peintures d’Henri Gervex (la Foire de Saint-Laurent) et Albert Maignan (les Noces de Jeannette et la Ronde des notes de musique), entre autres, ainsi que de nombreux bustes de musiciens.

La salle, d’une capacité de 1 255 places, est couronnée par un plafond circulaire, peint par Benjamin Constant (la Gloire regardant passer les fictions lyriques), tandis que la scène est encadrée de sculptures de Laurent Marqueste. Le rideau est l’œuvre d’Auguste Rubé et Masson.

Bien que le théâtre empiétât de 5 mètres sur la place, il fut jugé encore trop exigu par la critique. Le 7 décembre 1898, la nouvelle salle est inaugurée en présence du président de la République, Félix Faure. L’Opéra-Comique allait connaître sous la direction d’Albert Carré qui l’administra pendant 15 ans des heures de gloire avec la création de nombreuses œuvres contemporaines, au premier rang desquelles il faut citer  Louise de Gustave Charpentier (1900), roman musical, riche de poésie populaire dont le livret avait été écrit par le compositeur lui-même, Pélléas et Mélisande (1902), drame symbolique de Maeterlinck pour lequel Claude Debussy avait composé une musique dont le raffinement harmonique ne fut pas compris par une partie du public de la générale, mais qui devait s’imposer finalement à l’issue de représentations tumultueuses, et enfin l’Heure espagnole de Maurice Ravel (1907), comédie lyrique qui marquait les débuts au théâtre de l’auteur de Ma mère l’oye.

Un avenir tumultueux

Les difficultés financières du théâtre dans les années 1930 entraînent l’intervention de l’Etat qui, le 13 août 1936, rapproche par décret l’Opéra-Comique du théâtre national de l’Opéra, pour former la Réunion des théâtres lyriques nationaux (RTLN) sous l’administration de Jacques Rouché. Le 14 janvier 1939, la nouvelle structure devient un établissement public à part entière, placée sous l’égide du ministère de l’Education nationale. Après une première fermeture en 1971, l’Opéra-Comique cesse son activité le 30 novembre 1972, pour devenir de 1974 à 1978 un lieu de formation pour les jeunes chanteurs sous le nom d’Opéra-Studio. La RTLN est dissoute officiellement le 7 février 1978 au profit d’une nouvelle structure unique : le Théâtre national de l’Opéra. La salle Favart devient alors la seconde salle de spectacle de l’Opéra. C’est dans ce contexte qu’a lieu la création d’Atys de Lully par William Christie et Jean-Marie Villégier en 1987. Pourtant dès l’année suivante l’Opéra-Comique est menacé de fermeture, suite à la construction d’une nouvelle salle pour l’Opéra de Paris : l’Opéra Bastille. La salle Favart recouvre son indépendance en 1990 sous forme d’une association loi de 1901 et rouvre ses portes après d’importants travaux de rénovation. Elle est successivement dirigée par Thierry Fouquet (1989-1994), Pierre Médecin (1994-2000) et Jérôme Savary (2000-2007). Le théâtre est devenu depuis le 1er janvier 2005, par le décret n°2004-1232 fixant le statut du théâtre national de l’Opéra-Comique, un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC). L’article 2 de ce décret lui confie une mission très large puisqu’il peut représenter des ouvrages lyriques ; mais aussi des pièces de théâtre sans musique. Son répertoire s’étend de la musique baroque à la musique contemporaine. L’Opéra-Comique est dirigé par Jérôme Deschamps depuis le 27 juin 2007. Le 29 avril, la nomination d’Olivier Mantei, directeur adjoint de l’Opéra-Comique et codirecteur des Bouffes-du-Nord, est annoncée à compter de juin 2015 en remplacement de Deschamps atteint par la limite d’âge.

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Théâtre des Variétés

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DSC_0084Dominé aujourd’hui par les immeubles qui le jouxtent, le théâtre des Variétés présente sur le boulevard une étroite façade conçue à la manière d’un petit temple grec à deux étages tétrastyles (colonnes doriques au rez-de-chaussée, ioniques au premier), coiffés d’un fronton triangulaire orné d’une lyre. Construit par Jacques Cellerier à la demande de Melle Montansier dont la troupe venait d’être chassée du Palais-Royal, son voisinage ayant été jugé déshonorant pour la Comédie-Française, le théâtre des Variétés a été inauguré le 24 juin 1807 et devait connaître un grand et durable succès. Sa façade sur rue et le vestibule à décor néo-classique, restés intacts et classés en 1974, en font le plus ancien théâtre de la capitale.

Sa salle rouge et or, d’une capacité de 900 spectateurs, a été refaite en 1975. Le succès accompagna l’histoire de ce théâtre où se jouaient principalement des comédies et des vaudevilles. Les œuvres d’Eugène Scribe, Labiche ou Théodore Barrière y furent représentées.  C’est ici qu’après avoir quitté les Bouffes Parisiens Offenbach s’installa pour quelques années et que la Belle Hélène (1864) et la Grande Duchesse de Gerolstein (1867), interprétés par Hortense Schneider, connurent le triomphe. Plus tard, Zola, séduit par ce théâtre, s’en inspira pour décrire la salle où se produit la courtisane au début de roman Nana, publié en 1880. C’est ici également que Flers et Caillavet allaient connaître le succès au début du siècle et qu’en 1928 devait être créé Topaze de Marcel Pagnol. A l’intérieur du théâtre, les loges de Sacha Guitry, Jules Berry et Pierre Brasseur sont autant de jalons d’une programmation où alternent toujours les auteurs et les acteurs de renom. C’est ici en effet qu’en septembre 1993, Jean-Paul Belmondo, l’un des derniers propriétaires du théâtre, revendu en 2004, présentera Le Dîner de Cons de Francis Veber avec Jacques Villeret et Claude Brasseur, puis Michel Roux. La comédie resta à l’affiche durant 700 représentations et rassembla près de 600 000 spectateurs.

Théâtre de la Michodière

Le théâtre a remplacé la porte Gaillon et l’hôtel particulier de Lorge.

Porte Gaillon

Il s’agit d’une ancienne porte de l’enceinte de Louis XIII dite des Fossés jaunes, bâtie vers 1633. Elle fut abattue en 1690.

Hôtel de Lorge

L’hôtel était constitué de deux maisons contiguës, construites en 1672. Nicolas de Frémont avait acheté le terrain en août 1669 et fit construire son bien par l’architecte Antoine Lepautre pour la somme de 134 065 écus 17 sols 6 deniers. Guy de Durasfort, comte de Lorge, s’était particulièrement illustré après la mort de son oncle Turenne en commandant la retraite d’Altenheim. Cette action lui valut enfin d’être fait maréchal de France, le 21 février 1676. Obtenant ainsi une rente de 12 000 écus. Fort de sa nouvelle nomination, le comte conclut un bien avantageux mariage, le 19 mars de la même année, avec la fille de Nicolas de Frémont, possédant une dot de 600 000 écus et un « collier de perles, diamants et autres joyaux » estimé à 40 000 écus. Un contrat de mariage fut rédigé sous le sceau du secret. M. et Mme de Frémont promirent aux époux de les loger pendant 10 ans et de leur offrir le train de vie correspondant à leur situation (domestiques, équipage…). A la fin de la décennie, la demeure devait leur revenir, sinon les beaux-parents devaient verser au couple une compensation de 150 000 écus. Ces derniers avaient également l’obligation de fournir vivres et rente annuelle de 12 000 écus à chacun des époux. Dès le 28 mars 1676, les époux de Lorge emménagèrent dans l’une des maisons de la rue Michodière. Les Frémont ne vinrent occuper la 2e maison que dans les mois suivants. Le 9 avril 1687 les Frémont cédèrent la maison au maréchal mais conservèrent l’usufruit en viager de leur partie. Dès lors celui-ci entrepris de gros travaux de restructuration du bâtiment. Travaux permis par la démolition de la porte Gaillon en 1690.

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Il acquit les différentes parcelles entourant son domaine afin d’grandir celui-ci. Les travaux furent confiés au maître maçon François Durand et à l’architecte Mansart, assisté du jeune Jacques Gabriel. Le 27 juillet 1691, la maréchale, devenue procuratrice des comptes de son mari, ordonna la construction d’une chapelle et la rénovation de ses appartements. Coût estimé à 2 650 écus. Les travaux sont achevés le 8 septembre 1692.

Le ministre Chamillart y logea entre 1705 et 1710, la veuve du prince de Conti le loua en 1713 puis l’acheta. En 1739, elle le légua à son petit-neveu, duc de la Vallière. Il fut acheté en 1767 par Christian, duc de Deux-Ponts. Il fut loti en 1778 et la rue de la Michodière est à son emplacement.

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Le théâtre

L’architecte Auguste Bluysen édifie en 1923 un théâtre dans le style Art déco. Décorée par Jacques-Emile Ruhlmann, la salle aux fleurs rouges sur fond or, pouvait accueillir 800 spectateurs, mais la mise en conformité aux normes de sécurité lui fait perdre une centaine de places au XXIe siècle. Le dessus de scène est l’œuvre du sculpteur Henri Edouard Navarre. Le théâtre est inauguré le 16 novembre 1925 sous la direction de Gustave Quinson (le créateur des abonnements au théâtre), avec la pièce L’infidèle éperdue de Jacques Natanson. En 1927, Victor Boucher prend la direction du théâtre et s’associe à l’écrivain Edouard Bourdet. Les acteurs Yvonne Printemps et Pierre Fresnay s’associent au duo précédent. Y seront joués des œuvres d’Edouard Bourdet, André Roussin, Jean Anouilh, Marcel Achard et Françoise Dorin. Avec Anouilh, les dialogues deviennent corrosifs, provocants et empreints d’un humour grinçant. Les comédies de mœurs caricaturent la bourgeoisie française et bousculent les interdits. Avec Roussin, les pièces redeviennent plus légères, offrant une balade comique entre le mari, la femme et l’amant. Cette salle s’est spécialisée dans les pièces de boulevard comme en témoignent les anciennes affiches accrochées sur les murs. En 1975, Pierre Fresnay décède ; deux ans plus tard, Yvonne Printemps quitte à son tour la Michodière. Le théâtre sombre. En 1981, Jacques Crépineau, secrétaire général, animateur et directeur artistique de nombreux théâtres, reprend la direction de la Michodière. Les lieux sont entièrement rénovés. Poiret et Dabadie sont les nouveaux maîtres de la scène. Toutefois, le public se montre réticent et l’établissement s’essouffle. Jacques Crépineau adapte les pièces de Feydeau : succès ! En 2008, le théâtre est épinglé pour l’absence d’ascenseur ou d’accès pour les personnes handicapées. En 2010, il entre dans la société des Théâtres parisiens associés. Le théâtre de la Michodière est racheté quatre ans plus tard par le site vente-privée.com, fondé par Jacques Antoine Granjon.

Rue Louis-le-Grand

La rue Louis-le-Grand est percée en 1701 à la suite d’un arrêté du Conseil du roi signé à Marly le 3 juillet 1701. Elle est coupée en 1868 par le percement de la rue du Quatre Septembre (prolongement de la rue Réaumur), puis en 1876 par le percement de l’avenue de l’Opéra. La rue doit son nom au voisinage de la place Louis-le-Grand (l’actuelle place Vendôme). Sous la Révolution, la place fut renommée place des Piques ; la rue en fit de même (rue des Piques). La Restauration leur rendit leur nomination initiale. La rue Louis le Grand commence 16 rue Danielle Casanova et finit 31 boulevard des Italiens.

Immobilie

30 : maison de couture d’Emile Pingat, de 1860 à 1896. Il est considéré comme l’un des trois meilleurs stylistes français de la seconde moitié du XIXe siècle. Pour créer ses vêtements, il s’inspirait des cultures du monde entier.

28 : siège de la Revue des Colonies, recueil mensuel de la politique, de l’administration, de la justice, et des mœurs coloniales, dirigée par Cyrille Charles Auguste Bissette de juillet 1834 à l’été 1843. Autrefois située 46 rue Neuve-Saint-Eustache. Détail surprenant, la première année la revue précisait qu’elle était dirigée par des hommes de couleurs, mention qui disparaît les années suivantes. Curieux ? Non car le fondateur est un métis, né en Martinique d’un ancien esclave noir. Durant toute sa vie il se battra pour faire abolir l’esclavage dans les colonies.

25 : au début du XXe siècle, siège des éditions Gilquin qui firent paraître une revue La Ville lumière, en référence au nouvel éclairage de la capitale.

21-23 : Hôtel de Vatan construit avant 1722 pour le marquis de Vatan. Il fut habité par la veuve du maréchal de Boufflers. En 1755, il entra en possession du comte d’Egmont-Pignatelli. L’immeuble fut détruit vers 1876 lors du percement de l’avenue de l’Opéra.

23 : De 1862 à 1869, l’immeuble est occupé par l’atelier du photographe Antoine-René Trinquet. En 1879, Clément Ader participe à la création du premier réseau téléphonique (alors privé) de Paris avec Louis Breguet, Cornélius Roosevelt, François Rodde au sein de la Compagnie des Téléphones Gower. Devenue la Société générale des téléphones en 1880, la société lance en 1881 le théâtrophone. Des micros sont installés de chaque côté de la scène de l’Opéra Garnier et permettent d’écouter l’opéra en restant chez soi. Il s’agit de simples micros au carbone à simple phase, qui ne permettait pas un très bon rendu musical et acoustique.

Maison de couture d’Ernest Raudnitz. La première maison ouvrit ses portes au 13 rue de la Grande-Batalière. En 1883, Ernest quitta ses sœurs pour fonder sa propre maison dans la rue Louis le Grand. Sa modiste principale fut Marie Gerber (Callot) de 1886 à 1888. Ernest remporta le Grand prix de l’Exposition universelle de 1900. En 1901 la maison de couture fusionne avec Huet & Cheruit.

20 : domicile d’Alexandre Quarré de Verneuil, auteur de « Les couleurs de la France, ses enseignes, ses drapeaux », paru en 1876. Membre de la Société des saisons. Fondée en 1837 par Blanqui, Barbès et Martin Bernard, la Société se subdivisait en « semaines » qui regroupent 6 hommes et un chef. Quarré fut dimanche. Quatre semaines forment un « mois » de « 28 jours » (comptant donc 28 initiés et un chef). Quarré devint ensuite juillet. Trois « mois » constituent une « saison » et quatre « saisons » forment une « année ». Au moins trois « années » ont vu le jour. Le 12 mai 1839, la Société des saisons lance une insurrection visant à renverser le régime de la Monarchie de Juillet et à instaurer une République sociale.

19 : y vécut le préfet de police Piétri sous Napoléon III.

18 : La maison Braun & Cie fut une affaire familiale, d’une grande renommée qui lui valut de travailler dans les plus beaux musées français ainsi qu’à l’étranger, entre 1853 et 1969. Adolphe Braun parvint à s’imposer sur le marché en dépit de la forte concurrence. A l’origine dessinateur sur étoffes, il fut formé à Paris avant de s’installer à Mulhouse en 1843 pour travailler dans la firme de textile de Dollfus-Ausset. Il y expérimenta la daguerréotypie.

11 : le général Bertin de Vaux s’y fit construit un hôtel sous le Second Empire.

: Hôtel de Varignon de Villemarais. Le général marquis de Chasseloup-Laubat y vécut en 1780. Le périodique français l’Œuvre s’y installa de 1904 à 1940. L’Œuvre fut lancé le 13 mai 1904 par Gustave Téry, ancien rédacteur du Journal et du Matin. D’abord mensuel, ce périodique devint hebdomadaire en 1910, puis quotidien en 1915. Le journal affiche des idées radicales-socialistes et pacifistes. Pendant la Première Guerre mondiale et malgré la censure, y paraît Le Feu d’Henri Barbusse, publié en feuilleton sous le titre « Journal d’une escouade », rectifiant ainsi l’image de la guerre dans les tranchées. Lors de la conférence de paix, avec d’autres journaux de gauche, il soutient les Quatorze points de Wilson contre Clémenceau. Téry prend pour principal collaborateur le pamphlétaire Urbain Gohier. Téry et Gohier ont toujours fait montre d’un antisémitisme virulent. L’Œuvre est favorable au Cartel des gauches en 1924 et au Front populaire en 1936. Son slogan (Les imbéciles ne lisent pas l’Œuvre), ses manchettes accrocheuses et la forte personnalité de ses journalistes font son succès pendant l’entre-deux-guerres. Gustave Téry mourut en juin 1928 et fut remplacé par Henri Raud. Le 10 juin 1940, le journal quitta Paris pour Saint-Etienne, puis Clermont-Ferrand. Il réapparaît à Paris le 24 septembre 1940. Dirigé depuis le 5 juillet 1940 par Marcel Déat qui l’engagea dans la voie de la collaboration et de l’antisémitisme. Sa ligne éditoriale sous le régime de Vichy fut celle d’un collaborationnisme pronazi défendant les thèses du rassemblement national populaire (RNP), tout en manifestant un certain anti-pétainisme, trouvant le pouvoir établi à Vichy pas assez engagé dans la « collaboration européenne » et trop « réactionnaire ». A la suite de la loi n°46-994 du 11 mai 1946, le journal est placé sous séquestre judicaire.

De 1843 à 1847 vécut dans cet immeuble le musicien polonais Napoléon Orda. Il naquit le 11 février 1807 dans le village de Worocewicze l’actuelle Biélorussie). Il participa à l’Insurrection de Novembre contre la Russie, ce qui lui valut l’exil. Il voyagea dans plusieurs pays européens avant de s’installer à Paris en 1833. Il devint l’un des membres les plus actifs de la diaspora polonaise et ami de Frédéric Chopin, qui lui apprit le piano.

: Le 3 mai 1919, Saint-Granier et Gaston Gabaroche inaugurent un petit théâtre sous le vocable de Théâtre de la Potinière (en référence à l’établissement de Deauville). Les plans sont de l’architecte Bouteille et les décors de Mélano de Cassina. Le programme se veut spirituel et cancanier :  Danseront-ils ? de Saint-Granier et Abadie, Vas-y voir de Saint-Granier et Rip, et Mazout alors de Saint-Granier et Briquet avec Arletty dans le rôle-titre. Raoul Audier prend la direction du théâtre en 1920 et invente, avec son collaborateur Edouard Beaudu, Les Goûters à la Parisienne. Deux heures de spectacles avec thé-concert de 16h à 18h : Le Cordon bleu, comédie de Tristan Bernard ; L’Heure du mari, comédie de Georges Berr ; La Huitième femme de Barbe Bleue, comédie d’Alfred Savoir. Puis les directeurs se succèdent : Jean Charlot (1924), Maurice Suez (1926), Marguerite Bériza (1928), Raoul Audier (1929) et Camille Choisy, le fondateur du théâtre Saint-Georges (1933). En 1929 les comédiens Jules Berry et Suzy Prim entrent dans la troupe. Les décors des pièces jouées sont confiés à l’affichiste Paul Collin. En 1935, le théâtre est transformé en salle de cinéma.

151Trois ans plus tard, les frères Vincent et Emile Isola y présentent un spectacle de prestidigitation : Miracles et Illusions. Le théâtre prend le nom de Théâtre Isola. En septembre 1938, Max Danset, l’ancien administrateur de Raoul Audier, reprend les rênes du théâtre et le renomme Théâtre George VI (en référence au théâtre voisin Edouard VII). Le 10 juin 1940 le théâtre est fermé. Il rouvre ses portes le 6 juillet sous le nom de Théâtre Louis-le-Grand avec un spectacle de music-hall. En 1942, Jean de Turenne prend la direction du théâtre et lui redonne le nom de Théâtre de la Potinière. Martine de Breteuil lui succède en 1948, axant sa programmation sur des comédies et des vaudevilles. L’établissement ferme en 1959. Janvier 1961, réouverture sous le nom de Théâtre des Deux masques avec OSS 117, pièce de Jean Bruce, avec Claudine Coster. En 1962, le bâtiment reprend le nom de Théâtre de la Potinière. Denise Moreau Chantegris en prend la direction en 1966. Jusqu’en 1974, la programmation est axée sur les comédies. En 1975, après une fermeture de quelques mois, Pierre Sala s’installe aux commandes et rebaptise l’établissement Biothéâtre, jusqu’en 1978 où il reprend son nom initial. En 1980, le groupe musical Bratsch s’y produit. 1983 : Assassino, assassino, comédie de Jean-Yves Rogal avec Alice Saprich. Octobre 1984, l’émission de Philippe Bouvard sur Antenne 2, le Petit Théâtre de Bouvard, y est enregistré. 1985 : Double foyer, comédie de Philippe Bouvard ; En camarade, texte de Colette. 1987 : Journal d’un curé de campagne, d’après Georges Bernanos avec Thierry Fortineau ; la pièce reçoit le Grand prix de la Critique dramatique et le Prix Molière. En décembre 1993, Pierre Jacquemont prend la direction du théâtre qu’il appellera Pépinière Opéra pour mieux illustrer la nouvelle orientation musicale qu’il souhaite y donner. Les spectacles présentés sont régulièrement nominés et lauréats aux Molières. En janvier 2008, Antoine Coutrot, Emmanuel de Dietrich et Caroline Verdu-Sap reprennent la direction de l’établissement. En 2010, 50 théâtres parisiens privés, réunis au sein de l’Association pour le soutien du théâtre privé (ASTP) et du Syndicat national des directeurs et tourneurs du théâtre privé (SNDTP), décident d’unir leur force sous une enseigne commune : les Théâtres parisiens associés.  Peyran Lacroix et Jean-Laurent Cochet y donne des cours d’art dramatique. La salle contient 350 places.

En 1966, Jean-Laurent Cochet ouvre un cours d’Art Dramatique : le cours Cochet. Dès les premières promotions sortent des comédiens qui deviendront rapidement les vedettes du théâtre et du cinéma : Gérard Depardieu, Richard Berry, Isabelle Huppert, Daniel Auteuil, Carole Bouquet, Fabrice Luchini… En 2003, Jean-Laurent Cochet nomme Pierre Delavène professeur puis il lui confie la direction du cours en 2006.

3 : Mme de Montespan, favorite de Louis XIV y habita après sa disgrâce. Ce fut également la maison mortuaire de l’architecte Victor Louis, décédé en 1811. La façade, inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, se singularise par les faciès remarquables des mascarons. Le portail monumental du XIXe siècle a conservé ses heurtoirs d’origine. En 1888, s’installa le siège social de la société anonyme la Capitalisation, qui promulgue l’épargne et l’économie par la constitution de capitaux.

: le nom du peintre Hyacinthe Rigaud est immortalisé par une plaque apposée sur la façade de l’immeuble et par les illustres qu’il fit des hommes de son temps, tels Louis XIV, Louis XV ou Philippe V d’Espagne. Ce peintre du roi, directeur de l’Académie royale, avait installé son atelier dans cet immeuble, où de nombreux collaborateurs l’assistaient dans son œuvre, pour satisfaire une clientèle aisée de nobles et de bourgeois. Après une brillante carrière, Rigaud s’est éteint dans cette demeure en 1743.

Aujourd’hui, le rez-de-chaussée est occupé par le restaurant Cap Bourbon. Olivier Austruy propose depuis 10 ans aux Parisiens de découvrir les délices de la cuisine réunionnaise, dans un décor cosy et chaleureux.  Ses spécialités : rougail saucisses, bœuf massalé, carri de crevettes, flan coco caramélisé, duo de mousse coco et chocolat.